Récital Roger Muraro

Volubile, passionné, Roger Muraro n’aime rien tant que jouer des oeuvres réputées injouables. Il s’est notamment fait une spécialité de l’art difficile des transcriptions pour piano, ces oeuvres symphoniques dont il faut rendre toute l’architecture et les couleurs rutilantes avec seulement dix doigts. « Ce qui est le plus important pour moi, c’est l’imagination, explique le pianiste lyonnais. Je n’ai que dix doigts, mais je ne dois pas donner l’impression de me limiter à ça ! Je n’aime rien tant que créer l’illusion de jouer de plusieurs instruments. Cela vient sans doute de ma formation initiale d’amateur au saxophone, en jouant dans les orchestres. J’aime travailler les timbres, les sonorités, la façon de créer des espaces insoupçonnés entre les sons. C’est une des magies du piano. On me dit souvent que je suis coloriste, mais ce n’est pas seulement une question de couleurs. C’est vraiment un travail d’architecte, pour agencer les sons de telle façon qu’on crée un espace pour en imaginer d’autres. »

Pour le premier concert de la saison aux Grands interprètes, en plus d’une merveilleuse sonate pour piano de Mozart, il remontera l’Everest du piano : la transcription de la Symphonie fantastique de Berlioz, pour laquelle il est passé maître en la matière. Du grand spectacle pianistique, rarement joué tant il est exigeant et on ne peut plus impressionnant. À ne pas manquer. / L.H.

Récital Roger Muraro aux Grands interprètes. Vendredi 5 octobre à 20 h à l’Auditorium de Lyon, Lyon 3e. De 16 à 48 €. auditorium-lyon.com

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