Aimez-moi de et avec Pierre Palmade

Il fait partie des rares comiques qui peuvent nous donner des ordres. Son mal-être (de génie) transpire tellement à chaque seconde que l’impératif du titre de son dernier spectacle sonne autant comme un appel au secours que comme une provocation : « Aimez-moi ». Il a inspiré Muriel Robin qui a inspiré Florence Foresti. On lui doit à peu près tout de ce qui fait le comique populaire français d’aujourd’hui : moins de vannes, un art sans pareil pour croquer la vie quotidienne et une fine dose d’observation sociale pour convertir les névroses de ses contemporains en rires. C’est d’ailleurs bien pour ça que Pierre Palmade est aussi un auteur de pièces, et pas seulement de oneman- show : son écriture a toujours largement débordé de la petite confession sur soi-même, contrairement à certains comiques surestimés d’aujourd’hui (Blanche Gardin en tête, mais c’est une autre histoire…). En prime, sa silhouette dégingandée, la détresse de l’homme et sa solitude en font, en vieillissant, un acteur encore plus émouvant. Modeste (dans ses sujets), on ne peut plus populaire (dans ses approches), c’est ce qui s’appelle un grand monsieur qu’on est prêt à aimer jusqu’au bout. Il incarne à lui seul une certaine noblesse de la comédie, en plus d’être un des grands acteurs comiques à voir au moins une fois dans sa vie sur scène. Bref, on n’aime pas Pierre Palmade, on l’adore.

L.H.

 

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