Nabucco de Verdi

Le tout jeune chef permanent de l’Opéra de Lyon, Daniele Rustioni, avait déjà ébloui le public lors du Festival Verdi au printemps dernier, notamment dans une version en concert flamboyante d’Attila, opéra de jeunesse du pape de l’opéra italien. Après avoir dirigé le Mefistofele de Boito en octobre, il récidive en guise de coda avec un opéra encore plus précoce du jeune Verdi, Nabucco, rendu célèbre par son choeur “Va pensiero” devenu une sorte de second hymne pour la patrie italienne. En 2011 à l’Opéra de Rome, Riccardo Muti l’avait même bissé devant un public en larmes, le “Va pensiero” devenant cette fois un hymne de résistance au moment des premières coupes dans la culture du gouvernement de Berlusconi. Aujourd’hui, ce péplum vigoureux reste un des opéras les plus pompiers du grand Giuseppe, au meilleur sens du mot. Formé au biberon à Verdi, Daniele Rustioni avait vu enfant La Traviata à la Scala, dirigée justement par un certain Riccardo Muti, avant de faire ses classes au bien nommé Conservatoire Verdi dans sa ville natale de Milan. Plus italien, tu meurs. Mais le jeune chef est des plus vivants et devrait être l’homme idéal pour raviver l’italianité débordante de cette oeuvre qui raconte à sa façon, bien au-delà de la musique, toute l’histoire du peuple italien. Si vous en redemandez, vous pouvez aussi aller voir en version scénique le Nabucco, à l’Opéra de Dijon cette fois. Roberto Rizzi-Brignoli à la baguette est lui aussi une fine lame de l’art lyrique italien, ayant déjà dirigé à Dijon La Traviata d’anthologie de Jean-François Sivadier. Même si dans une oeuvre aussi chorale et monumentale la mise en scène, souvent figée, n’est pas forcément indispensable…

L.H.

 

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