Bernard Buffet – Jean Couty : parcours croisés

“Buffet et Couty, ce sont deux artistes qui ne trichaient pas. Ils peignaient avec leurs tripes.” Nicolas Buffet résume de façon fulgurante le lien qui pouvait unir son père à l’artiste lyonnais. En accueillant une quarantaine de toiles de Bernard Buffet, le musée Jean-Couty organise une exposition croisée improbable des tableaux des deux artistes. Pourtant, la commissaire Lydia Harambourg rappelle que les traits communs entre les oeuvres de ces deux-là sont nombreux. D’abord il y a le trait de ces deux grands dessinateurs, plus dilué dans la couleur pour Couty quand celui de Buffet se fait noir, incisif et aigu. Mais aussi, l’importance accordée à la composition et à la couleur, héritée du fauvisme pour l’un, plus réduite mais intense pour l’autre qui la travaille comme matière, parfois au couteau ou à même le tube. A une époque où l’abstraction faisait loi, Buffet et Couty ont fait le choix alors peu conforme d’ancrer leur peinture dans l’art figuratif et la tradition des grands maîtres.

 

Le Zidane de la peinture

Parmi les oeuvres souvent rangées thématiquement, on est heureux de retrouver certaines toiles moins montrées de Buffet, comme ce très grand format de L’Académie Goncourt ou de La Corrida, avec la mise à mort sanglante du taureau. Mais aussi quelques autoportraits tourmentés, des paysages ou encore ses natures mortes aux poissons ou aux poires, tout en sobriété géométrique et camaïeux gris-bleus alors que ses portraits font claquer la couleur. Pour Nicolas Buffet, son père aurait été heureux que son nom serve à faire découvrir un autre peintre moins connu. Pour résumer cette position tutélaire, Charles Couty, le fils de Jean Couty, a d’ailleurs trouvé un nouveau surnom pour Buffet : le Zidane de la peinture figurative.

 

C.S.

 

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