Jeanne Added

C’est injuste mais c’est comme ça : Christine and the Queens ferait bien d’écouter Jeanne Added. Voici pourquoi. Si tout le monde aime Jeanne Added, tout le monde a bien raison. La popularité n’est pas une unité de mesure du talent, mais elle n’est pas non plus un signe extérieur de médiocrité. Faut-il lister les raisons d’aimer Jeanne Added ? Pourquoi pas, allons-y. D’abord, on l’aime parce que comme nous, elle est fan de la chanson Five Years de David Bowie, et comme Brian Molko, elle en a offert une relecture personnelle et émouvante. Ensuite, parce qu’une chanteuse-bassiste, ça part avec des points d’avance. C’est ainsi, ce n’est pas très étoffé comme argumentaire mais on est comme ça, on en pince pour les chanteuses-bassistes et la façon dont elle attaque ses notes nous rappelle les meilleures – de Kim Deal à Melissa Auf der Maur. Enfin, parce qu’elle chante ses beaux textes dans un anglais parfait : compréhensible, avec un très léger accent français et une fluidité irréprochable. Puisse la reine Christine désormais écouter son disque, et plutôt deux fois qu’une. Car si l’une et l’autre utilisent des réminiscences des claviers synthétiques des eighties, « Cris » se contente de repiquer des riffs de logiciels de compo, quand Jeanne Added laisse sa voix s’épanouir de façon de plus en plus lyrique, voire romantique (le sublime Falling Hearts), équilibrant une certaine froideur électronique avec la chaleur de choeurs à l’occasion. Pourquoi est-on toujours aussi pressé d’appuyer sur la touche replay ? Ces choses-là relèvent du charme, du charisme, de la magie du rock, mais aussi du savoir-faire d’une interprète hors pair qui a su digérer ses influences pour servir un set de chansons en pleine maturité, dans un second opus tout aussi dense et puissant que le premier. Parfait équilibre entre tension et douceur, sonorités électro et chaleur vocale, saturation obsessionnelle et simplicité mélodique. Bref, Jeanne est grande, et en plus, c’est une vraie bête de scène, charnelle et magnétique. Le concert immanquable de la rentrée.

 

Alexandre Queneau et Luc Hernandez

 

L'événement à ne pas manquer


Jeanne Added

Le Transbordeur
3 Boulevard De La Bataille De Stalingrad, 69100, VILLEURBANNE

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