Bistrot Orcia

Pour expliquer le blanc, il est parfois plus simple de décrire le noir. Il y a peu, nous avons vécu un chef-d’œuvre du crime comme aime à en produire la Côte d’Azur. L’arme : une pizzeria. Lieu : Porquerolles. Une heure d’attente avant de prendre la commande. Pas « bonjour », ni « merci », ni « au revoir » pour une pizza pathétique préparée par un ours et servie par un âne : 17 euros. Ensuite, il s’est mis à pleuvoir. Eh bien, le Bistrot Orcia est totalement à l’inverse. Tout d’abord Fiona, au service, fait ce qu’on n’apprend pas dans les écoles hôtelières : elle cultive le naturel, la bonne humeur, l’humour et l’empathie pour la clientèle, tout en restant efficace (n’en jetez plus… On jure sur la basilique de Fourvière que c’est la première fois qu’on la rencontrait). À la déchèterie les « bonne continuation » et les «  je vais vous expliquer la carte  » (avec le sous-entendu que le chef est un génie et vous un parfait débile).

« Comme à la maison »

Ici, la cuisine se rapproche aussi du naturel, noté sur ardoise. La « chiffonnade » de jambon de l’entrée provient de la ferme de Monchervet à Amplepuis, comme le saucisson chaud et les viandes. La salade de carottes, d’un craquant et d’une fraîcheur communicative trouve sa source aux jardins de Cormeyzin, un bon maraîcher de l’Isère. Les fromages sont issus de différentes fermes alentours. Bref, ce bistrot se rapproche de l’auberge, ce qui tombe bien dans une Croix-Rousse qui se prend pour un village. Outre la salade de carottes, on a apprécié le petit détournement de spécialités lyonnaises : une salade de lentilles et pois cassés, piquée de chips de coppa et surmontée d’un nuage d’eau de pois chiches, infusée au lard et montée en neige. Le saucisson lyonnais goûtu, crème bien moutardée, chou, patates et jolies purées avaient du caractère, comme un très judicieux dessert d’automne, pommes cuites (et crues) à la gelée de cidre et à la crème de marrons. Le chef Gaby excelle dans un « comme à la maison » avec des enjoliveurs. On aura seulement une réserve sur les plats servis sur ardoises et verrines, très marqués an 2000. Le soir, plutôt ambiance vin/petits plats/afterwork, déploie pressés de hareng, effiloché de bœuf à la moelle, nems de pieds de cochon etc., le tout fait main. On y retourne.

Bistrot Orcia15 rue d’Austerlitz, Lyon 4e. 09  82  33  33 02. Fermé lundi et mardi.


/ François Mailhes

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