Sortir à Lyon

Epona

 

Pas la peine de chausser vos éperons pour aller manger chez Epona. Si le restaurant flambant neuf de l’Intercontinental, qui vient tout juste d’ouvrir ses portes au Grand Hôtel-Dieu, porte le nom « d’une célèbre déesse celte, patronne des voyageurs », comme nous l’indique la première page de la carte, ici l’ambiance est plus aux déjeuners d’affaires qu’aux libres galopades d’une horde sauvage.

Le cadre sophistiqué (on est dans un hôtel cinq étoiles) mais sobre (on est à Lyon) jouit d’une belle lumière grâce à de grandes fenêtres… qui donnent sur les quatre voies du quai Jules-Courmont. Malgré le plafond à la française et le mobilier moderne offrant des cocons insonorisés aux tables pour deux, l’établissement n’échappe pas à l’effet solennel du bâtiment classé, renforcé par un service un peu guindé.

Heureusement, le chef Matthieu Charrois détend l’atmosphère de temps en temps en n’hésitant à passer en salle saluer les clients, voire à apporter lui-même les plats. Toute la cuisine du chef reprend ce même paradoxe délicat entre raffinement et simplicité. À la carte, on trouve par exemple des lyonnaiseries et plats régionaux revisités (de 23 à 34 €), comme des cuisses de grenouilles et pieds de cochons agrémentés d’une émulsion au thym ou des K’nelles en bâtonnet à tremper dans une sauce Nantua.

Nous, on a préféré se rabattre raisonnablement sur le menu du midi à 29 €, avec là encore, des plats simples relevés avé l’accent du midi. La très rafraîchissante soupe de melon, agréablement piquée d’herbes, nous a un instant fait croire qu’on était en vacances en Provence alors que la cocotte pour deux qui suivait, dévoilait du cochon de lait dont le fondant et le goût fumé justifiaient la simplicité du plat. Dommage que les épices des pommes de terre et courgettes noyaient le goût de l’accompagnement. On a fini avec une soupe de fraises à distribuer d’urgence dans tous les Epahd en période caniculaire tant sa fraîcheur est salvatrice. Surprise, elle contenait de vrais morceaux de fraise et le sorbet citron était surmonté d’un objet rose non identifié, impossible à couper et très sucré, qui après dissection s’est révélé être une tuile à la fraise.

Cette élégante simplicité a du bon, mais son rapport qualité-prix ne vaut pas encore celui du Grand Réfectoire, juste à côté. On reviendra néanmoins tester la carte, et surtout la terrasse située dans l’une des rares cours végétalisées du très minéral Grand Hôtel-Dieu.

Caroline Sicard