Sortir à Lyon

Quand Candice du Chayla, qui n’est autre que la directrice du Nouvel Institut Francochinois, nous recommande un restaurant asiatique, autant vous dire qu’on y va les yeux fermés. C’est ainsi qu’on a passé la porte d’Engimono, petite enclave de l’empire du Milieu située dans le troisième arrondissement. Et ni l’étroitesse du lieu, ni la peinture rouge sombre et le manque de décoration ne nous ont rebutés : on sait que dans certains cas, un désintérêt total pour le décorum est un gage de qualité. Ici, tout se passe dans l’assiette. La carte, aussi fournie que le Petit Livre rouge, classe les plats par types de viande ou poisson. On trouve ainsi des déclinaisons de réjouissances à base de poulet, bœuf ou porc, concoctées par M. Yang, le chef des lieux qui a suivi une formation d’étireur de nouilles à Lanzhou, avant de s’installer à Lyon pour y faire découvrir la gastronomie de son pays. Attendez-vous donc à goûter à la vraie cuisine chinoise, pas celle qui baigne dans la sauce soja pour masquer le manque de goût d’une viande caoutchouteuse, mais une cuisine raffinée et relevée par des herbes fraîches. Comme les raviolis parfaitement assaisonnés, de loin les meilleurs qu’on ait mangés à ce jour, et les nouilles au bœuf haché et petits légumes au lointain parfum de ratatouille. Mais l’une des spécialités d’Engimono, c’est le véritable canard laqué. Un met à commander à l’avance car la sauce doit être préparée la veille pour être parfaite et la cuisson – au charbon et bois de pêcher, histoire de bien parfumer la viande – peut durer jusqu’à quatre heures pour rendre la peau croustillante à souhait. Vous ne serez pas déçu du voyage.

❏ CAROLINE SICARD