Sortir à Lyon
« Oh yes it's ladies night and the feeling's right », chantait Kool and the Gang en 1979, mais tout n'est pas si right que ça. Les boites de nuit qui proposent des tarifs différentiés pour les hommes et les femmes renvoient un message déplorable sur la qualité de la vie nocturne lyonnaise. Si un établissement doit rétablir la parité en son sein à l'aide d'un arsenal d'offres promotionnelles telles que des consommations offertes, voir la gratuité complète de ses prestations pour la gent féminine, cela équivaut à un aveu du fait qu'il n'y fait pas bon être une femme. Pour les patrons, le calcul est simple : la gratuité attire les femmes et les femmes attirent les hommes. Plus de clients, plus de débit, plus de profit. Ce fonctionnement est symptomatique d'une société qui donne de la valeur à une femme pour ce qu'elle est et à un homme pour ce qu'il a. En effet, c'est un moyen de laisser à l'entrée les franges les moins aisées de la clientèle en ne touchant qu'une partie d'entre elle, qui doit alors payer plus pour le même service sur le simple critère de son sexe. Cela instaure un rapport marchand aux relations sociales sexuées qui n'est pas sans rappeler certains bars où l'on paye pour voir, mais aussi pour toucher. Gratuit pour les filles...