Sortir à Lyon

Binoche : Potiche ?

Juliette Binoche ne joue pas dans des «  comé­dies  » » elle joue dans des « comé­dies d’au­teur ». Après Ma Loute, la voici dans La Bonne épouse, au fémi­nisme concon bien-pensant qui ne provoquera pas de débat à la conf de rédac­tion de Télé­rama, mais telle­ment mal filmé qu’il en devient affli­geant. Car Martin Provost (réali­sa­teur de Séra­phine, parfait pour s’en­dor­mir, même en avion), lui non plus, n’aime pas la comé­die : aucun sens de la satire, ni du timing. Du coup ce portrait balourd de la tenan­cière d’une école ména­gère dans les années 60, vire rapi­de­ment à la chro­nique léni­fiante et puri­taine à souhait (précepte 1, précepte 2…). Le Bonne épouse, c’est un peu Louis la Brocante sans la mous­tache de Victor Lanoux : de la déco partout pour faire has been, et un réali­sa­teur en pantoufles. La fameuse libé­ra­tion des femmes qui justi­fie le projet du film n’aura lieu que dans les cinq dernières minutes, lors d’une marche fémi­nine sur Paris en plein mai 68, à la façon, gênante, d’une comé­die musi­cale de Jacques Demy (paix à son âme rose bonbon). Avec un texte dont on vous laisse juge : « la bonne épouse n’existe plus, poil au cul  » (sic). On vous laisse imagi­ner la musique, sur une choré­gra­phie de kermesse mimant la danse du repas­sage (resic). On a bien compris le message, à force de citer Gisèle Halimi ou Simone de Beau­voir… Le problème, c’est que le cinéma de Martin Provost est un cinéma d’ar­rière-garde, oppor­tu­niste et gâteux de son esprit de sérieux. Bref, le contraire d’une comé­die.

Binoche, pas la bidoche.

Un esprit de sérieux qui va assez bien avec son actrice prin­ci­pale, qui semble vouloir désor­mais assor­tir chacun de ses rôles et chacune de ses prises de parole d’un message adressé à la société. Avant la « femme libé­rée », c’était la soli­tude et les réseaux sociaux dans les grandes villes avec Mon Incon­nue, ou encore la cari­ca­ture outrée de la bour­geoise dans Ma Loute. Quelle actrice enga­gée… Il faut dire qu’elle va bien bien­tôt déte­nir le record des tribunes d’ac­trices, loin devant Isabelle Adjani : elle s’était elle-même enga­gée à « rempla­cer le pois­son et la viande chaque lundi, dans une tribune inti­tu­lée « lundi vert », parue dans Libé­ra­tion bien sûr. On n’a jamais été mangé au Fouquet’s le lundi, mais elle devrait bien être capable de trou­ver un chef capable de lui faire « dimi­nuer la consom­ma­tion de chair animale ». Et comme elle aime tous les animaux, elle a même pris parti pour les gilets jaunes dans une autre tribune, reven­diquant en toute sobriété : « Les gilets jaunes, c’est nous, artistes, tech­ni­cien·­ne·s, aut·eur·­ri­ce·s, de tous ces métiers de la culture, précaires ou non ». Précaire, Juliette Binoche ? Non, effec­ti­ve­ment, peut-être pas, à part du strict point de vue intel­lec­tuel. Personne ne l’a encore vue sur les rond-points, même celui des Champs-Elysées… Elle doit être sans doute trop occu­pée à se concen­trer sur son prochain tour­nage, Le Quai de Ouis­tre­ham. C’est pas gagné : incor­ri­gible, elle y jouera une vraie-fausse femme de ménage. L.H.

La Bonne épouse de Martin Provost (Fr, 1h49) avec Juliette Binoche, Noémie Lvovsky, Yolande Moreau, Edouard Baer, François Berléand… Sortie le 11 mars, ressor­tie le 22 juin.

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