Sortir à Lyon
Partager cet article :

Dardenne éden

C’est le jour J : les frères Dardenne vont rece­voir ce week-end le prix Lumière. L’oc­ca­sion de célé­brer une oeuvre riche, huma­niste, lumi­neuse. Chapeau bas.

Ils ont révo­lu­tionné le cinéma à eux tous seuls : la caméra à l’épaule collée à la nuque de ses person­nages, utili­sée jusque dans le Elephant de Gus Van Sant, doit par exemple beau­coup à Rosetta (1999), Palme d’or qui sonnait comme une défla­gra­tion dans le cinéma contem­po­rain. Ils ont été formés au théâtre liber­taire d’Ar­mand Gatti, puis au docu­men­taire. Avant d’en­ta­mer une drôle de fiction adap­tée d’une pièce de théâtre et tour­née de nuit à l’aé­ro­port d’Os­tende, Falsch ; puis leur film le plus acces­sible et chaleu­reux, Je Pense à vous avec Robin Renucci et Fabienne Babe et déjà un gamin extra­or­di­naire, jusque dans la séance finale de carna­val.

Fabri­zio Rongione et Emilie Dequenne dans Rosetta, première Palme d’or des Dardenne.

Passeurs et produc­teurs de films parfois loin de leur propre esthé­tique, ils conjuguent une direc­tion d’ac­teurs hors pair, héri­tée du théâtre de Gatti, avec une construc­tion scéna­ris­tique hors du commun, souvent sous-esti­mée. Ni misé­ra­bi­liste, ni sensa­tion­na­liste, le cinéma des Dardenne se construit en créant des person­nages ordi­naires du monde qui nous entoure, pour mieux les confron­ter à un dilemme drama­tique qu’ils vont devoir dépas­ser. La Promesse, Le Fils, La Fille incon­nue, L’En­fant ou Deux jours et une nuit sont tous marqués par cet huma­nisme pour dépas­ser des conflits humains, trop humains, réap­pren­tis­sage d’une frater­nité dans un monde hostile. Le gamin au vélo ira même jusqu’à faire litté­ra­le­ment renaître le gamin du titre, sous les yeux de la douce Cécile de Fran­ce…

Cécile de France et Thomas Durez dans Le Gamin au vélo des frères Dardenne (2011).

Frater­nité

Incar­nés par les plus belles révé­la­tions d’in­ter­prètes (Jéré­mie Renier, Emilie Dequenne, Olivier Gour­met…) les person­nages des Dardenne sont nos frères, on a hâte de les célé­brer avec ceux qui leur ont donné vie. Hourra !

Jéré­mie Renier dans L’En­fant (2006), seconde Palme d’Or pour les Dardenne.

12e prix Lumière attri­bué à Luc et Jean-Pierre Dardenne vendredi 16 octobre à 19h à l’Am­phi­théâtre de la Cité inter­na­tio­nale, Lyon 6e, suivi de la projec­tion de Rosetta. Vision­ner le clip sur le cinéma des Dardenne << ici >>.

KV1 : Kaame­lott raconté par Astier

Votre film Kaamelott ne ressemble à rien de connu dans le cinéma français : un croisement original entre comédie populaire, film d’auteur et saga avec une grande ambition esthétique, pour l’image comme pour la musique… Alexandre Astier : “Au fond des choses, je ne vois pas ce ...

Titane, Palme d’or, le soufre et la souf­france

Commençons aussi dru que ce film choc en a sous le capot dès la scène d’ouverture : Titane est souvent très con, d’un cynisme et d'une complaisance pour la souffrance souvent insupportables, surtout dans sa première partie. C’est l’anti-Crash de David Cronenberg, à l'érotisme dou...

Jodie Foster défend Tahar Rahim dans Guan­ta­namo

Voilà un objet cinématographique taillé pour répondre aux canons du film judiciaire: une histoire vraie (celle d'un Mauritanien injustement détenu au camp de Guantánamo pendant 14 ans), une grosse machine à dénoncer (l’administration Bush et un système judiciaire qui bat de l’ail...

Bene­detta, nanar sympa­thique de chair et de sang

Verhoeven avait toujours voulu faire un film sur Jésus. Il aura fait un film sur une soeur habitée par Jésus. Chasse aux démons, amour charnel, jouissance et expiation, stigmates et délires christiques... ce film sur l’histoire vraie d’une sainte lesbienne du XVIIe siècle se tran...