Sortir à Lyon
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Apatow, épatant !

(from left) Scott Carlin (Pete Davidson) and Papa (Steve Buscemi) in The King of Staten Island, directed by Judd Apatow.

Et si on commençait le confi­ne­ment par notre film coup de coeur 2020 qui vient de sortir en Vod : The King of Staten Island, de Judd Apatow ?

Passé par la réali­sa­tion TV depuis 2015 et son Crazy Amy, Judd Apatow a pris un recul qui lui fait un bien fou sur son cinéma, dépas­sant désor­mais les person­nages d’ina­dap­tés régres­sifs auxquels se limi­taient un peu trop ses premiers films. Co-scéna­riste dans son propre rôle, Pete David­son, en est pour­tant un beau d’ina­dapté, orphe­lin d’un père pompier mort pour sauver des vies lors du 11 septembre, comique à ses heures atteint de la mala­die de Crohn. Apatow en tire un portrait natu­ra­liste d’éter­nel ado paumé et glan­deur, aussi drôle que touchant, mais il va cette fois beau­coup plus loin lorsque débarque le nouvel homme de sa veuve de mère, collègue de la caserne pater­nelle. Ce ménage à trois avec fils rebelle, tout en empa­thie et en ambi­guïté, est déjà un petit bijou de déli­ca­tesse, les deux rôles adultes réser­vant leur lot de surprises et de part d’ombre, loin de toute faci­lité.

Marisa Tomei dans The King of Staten Island, mère tentée par le rema­ria­ge…

24 ans, toujours prolo

Sur 2h15 qu’on ne voit pas passer, le film ne va cesser de gran­dir, s’élar­gis­sant en film choral pour finir par débou­cher sur un vrai beau portrait de l’Amé­rique low class d’aujourd’­hui, entre hôpi­taux et caserne de pompiers, l’air de rien au service des autres. Le portrait de ces banlieu­sards de Staten Island qui prennent le ferry pour aller travailler à New York sans jamais profi­ter d’une ville qui n’est pas pour eux (géniale scène subrep­tice à Times Square où les person­nages ne regardent rien).

Le frère et la soeur, Pete David­son et Maude Apatow.

C’est drôle, mal pensant et touchant tout le temps, sans le moindre misé­ra­bi­lisme. Bref, ce King qui porte bien son titre marque une forme d’abou­tis­se­ment dans l’oeuvre d’Apa­tow : non seule­ment il a gardé toute sa verve natu­ra­liste dans des dialogues et des person­nages haut en couleurs plus vrais que nature, mais en plus il atteint désor­mais à l’uni­ver­sel en faisant le portrait des margi­naux. Et si ce King of Staten Island était un des plus beaux films de l’an­née ?

The King of Staten Island de Judd Apatow (Eu, 2h17) avec Pete David­son, Marisa Tomei, Bill Burr, Bel Powley, Steve Buscemi, Maude Apatow… Dispo­nible sur la plupart des plate­formes Vod.

Pete David­son, chapeauté dans la caserne des pompiers Steve Buscemi.

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