Sortir à Lyon
Partager cet article :

Ménage à trois avec Katha­rine Hepburn

C’est le chef-d’oeuvre de la comé­die de rema­riage (au sens strict, on vous laisse décou­vrir la fin) : Katha­rine Hepburn, Cary Grant et James Stewart (jeune et fondant) n’ont jamais été aussi beaux, et l’oni­risme d’un noir et blanc imma­culé vient adou­cir les rapports de classe de ce qui n’au­rait pu être qu’une satire sociale de la société puri­taine améri­caine. Mais ce qui inté­resse Cukor, c’est comme toujours chez ce cinéaste encore trop sous-estimé la vérité des senti­ments. The Phila­del­phia story (Indis­cré­tions en français), c’est l’his­toire d’une femme qui porte la culotte et veut être aimée pour ce qu’elle est vrai­ment, et non pas « admi­rer comme une déesse ». C’est évidem­ment Katha­rine Hepburn, l’ac­trice fétiche de Cukor qui l’in­carne, incar­nant des rapports homme-femme déjà large­ment emprunts de moder­nité. Cukor a le don de mêler la théâ­tra­lité de sa direc­tion d’ac­teurs avec un sens du décou­page et de l’ar­chi­tec­ture propre­ment ciné­ma­to­gra­phiques. Son génie pour les scènes non verbales (dès l’ou­ver­ture) et le dérè­gle­ment des sens conduit tout droit vers la joie. Cary Grant, trouble-fête idéal, dira que c’est avec Cukor qu’il a réel­le­ment décou­vert son métier. On le croit sur parole. Mais The Phila­del­phia story est aussi un de ses films dans lequel on perçoit le mieux l’in­fi­nie déli­ca­tesse qu’il est capable d’avoir pour ses person­nages, et sa profonde compré­hen­sion humaine. Bref, un des plus beaux films du monde avec les plus beaux acteurs du monde. On en vien­drait presque à être contents d’être sous couvre-feu.

Le boom des librai­ries indé­pen­dantes

L'exception culturelle, ce sont elles. Alors que le cinéma ou les musées enregistraient sur 2019 une perte de fréquentation abyssale de l'ordre de – 70 %, les librairies, elles, se maintenaient autour de – 3% de moyenne au niveau national. Une forme de stabilité déjà inespérée, m...

Petit pays de Gaël Faye sort en Vod

Adapter le best-seller est une gageure et les premières minutes de Petit Pays, qui sort aujourd'hui en Vod, nous ont fait un peu peur. Le réalisateur reste parfois un peu trop prisonnier des scènes du roman, comme celle du vélo, presque inutile dans son adaptation. Mais malgré un...

A dada sur mon traî­neau à Avoriaz

Familial, ludique, dépaysant… Le ski joëring est l’activité de glisse la plus originale pour continuer de profiter de la montagne à tous crins, même quand les remontées sont fermées. Le principe est simple : de la neige, des skis et un cheval attelé pour tracter les skieurs sur d...

Cinéma : 2021, année de tous les dangers

Avant la chute vertigineuse des entrées en 2020 (-70% en moyenne, Covid oblige), on avait laissé le marché lyonnais des salles de cinéma sur une bonne tendance : augmentation générale de près de 5%, avec un retour marqué vers les cinémas de proximité : en 2019, c'était une augmen...

Nouvelle gale­rie à la Croix-Rousse

C'est une galerie format mouchoir de poche, répondant au doux nom deLa taille de mon âme qui a ouvert début décembre place Bertone à la Croix-Rousse. En plus d’avoir eu le courage de lancer leur projet en pleine pandémie, Dominique et Guillaume Ducongé ont opté pour une ligne dir...

Le Transbo à l’abor­dage !

Il dirige la plus petite des grandes scènes de musiques actuelles de la région, ou la plus grande des scènes alternatives, le Transbordeur, attentif aux nouveaux talents autant qu'à une programmation grand public éclectique. Alors que devait s'ouvrir ses "Summer Sessions" d'été, ...

Home cinéma : Brook­lyn bégaie !

Edward Norton adapte le génial roman de Jonathan Lethem paru aux éditions de l’Olivier sous le titre Les Orphelins (on vous en conseille la lecture pour les vacances). Ça lui permet d’incarner un rôle de composition comme il les aime, celui d’un détective privé atteint du syndrom...