Sortir à Lyon
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Ménage à trois avec Katha­rine Hepburn

C’est le chef-d’oeuvre de la comé­die de rema­riage (au sens strict, on vous laisse décou­vrir la fin) : Katha­rine Hepburn, Cary Grant et James Stewart (jeune et fondant) n’ont jamais été aussi beaux, et l’oni­risme d’un noir et blanc imma­culé vient adou­cir les rapports de classe de ce qui n’au­rait pu être qu’une satire sociale de la société puri­taine améri­caine. Mais ce qui inté­resse Cukor, c’est comme toujours chez ce cinéaste encore trop sous-estimé la vérité des senti­ments. The Phila­del­phia story (Indis­cré­tions en français), c’est l’his­toire d’une femme qui porte la culotte et veut être aimée pour ce qu’elle est vrai­ment, et non pas « admi­rer comme une déesse ». C’est évidem­ment Katha­rine Hepburn, l’ac­trice fétiche de Cukor qui l’in­carne, incar­nant des rapports homme-femme déjà large­ment emprunts de moder­nité. Cukor a le don de mêler la théâ­tra­lité de sa direc­tion d’ac­teurs avec un sens du décou­page et de l’ar­chi­tec­ture propre­ment ciné­ma­to­gra­phiques. Son génie pour les scènes non verbales (dès l’ou­ver­ture) et le dérè­gle­ment des sens conduit tout droit vers la joie. Cary Grant, trouble-fête idéal, dira que c’est avec Cukor qu’il a réel­le­ment décou­vert son métier. On le croit sur parole. Mais The Phila­del­phia story est aussi un de ses films dans lequel on perçoit le mieux l’in­fi­nie déli­ca­tesse qu’il est capable d’avoir pour ses person­nages, et sa profonde compré­hen­sion humaine. Bref, un des plus beaux films du monde avec les plus beaux acteurs du monde. On en vien­drait presque à être contents d’être sous couvre-feu.

Titane, Palme d’or, le soufre et la souf­france

Commençons aussi dru que ce film choc en a sous le capot dès la scène d’ouverture : Titane est souvent très con, d’un cynisme et d'une complaisance pour la souffrance souvent insupportables, surtout dans sa première partie. C’est l’anti-Crash de David Cronenberg, à l'érotisme dou...

Jodie Foster défend Tahar Rahim dans Guan­ta­namo

Voilà un objet cinématographique taillé pour répondre aux canons du film judiciaire: une histoire vraie (celle d'un Mauritanien injustement détenu au camp de Guantánamo pendant 14 ans), une grosse machine à dénoncer (l’administration Bush et un système judiciaire qui bat de l’ail...

Bene­detta, nanar sympa­thique de chair et de sang

Verhoeven avait toujours voulu faire un film sur Jésus. Il aura fait un film sur une soeur habitée par Jésus. Chasse aux démons, amour charnel, jouissance et expiation, stigmates et délires christiques... ce film sur l’histoire vraie d’une sainte lesbienne du XVIIe siècle se tran...

Annette,comé­die musi­cale pour faire chan­ter #MeToo

Le premier problème d’Annette, c’est... Annette (le rôle, qu’on vous laissera découvrir). Le deuxième, c’est la musique des Sparks, à l'origine du film, ce qui est quand même ballot pour une comédie musicale. L'ambition était sans doute trop grande pour eux : après une belle ouve...