Sortir à Lyon
Partager cet article :

Hacker, un Michael Mann méconnu sur Netflix

Un mysté­rieux hacker menace la sécu­rité mondiale en utili­sant un code de pira­tage infor­ma­tique créé par un autre hacker qui purge sa peine de prison aux États-Unis (Chris Hemsworth alias Thor, menotté et malmené par les gardes, miam). Le FBI et les services secrets chinois vont devoir le faire sortir pour qu’il puisse se rache­ter en démasquant le dange­reux malfai­teur. L’af­fron­te­ment entre un black­hat (le titre origi­nal du film, signi­fiant un hacker mal inten­tionné) et ce nouveau white hat, va alors pouvoir commen­cer.

Chris Hemsworth en fila­ture dans Hacker.

La mèche

Même s’il se veut inspiré par l’his­toire du vrai Stephen Watt,(qui avait piraté les bases de données de 250 compa­gnies à travers le monde),ce scéna­rio de commande digne d’un mauvais James Bond, navi­guant entre Hong Kong, Chicago ou Djakarta n’a pas pu inté­res­ser plus de deux secondes Michael Mann. Le réali­sa­teur utilise alors les codes les plus éculés du thril­ler et du western pour mieux les inflé­chir : méchant avec une vraie tête de méchant, asia­tiques pati­bu­laires mais presque, Ray Ban à tous les étages…A­vec sa voix grave, sa mèche rebelle et ses biscot­tos qu’on devine sous la chemise, Chris Hemsworth est juste archi-sexy, sorte de Colin Farrell en version blonde, entouré d’un harem visi­ble­ment sous le charme, quin­tes­sence du héros améri­cain. Mais Michael Mann est un des derniers esthètes Holly­wood, et s’il livre une séquence de fusillade phéno­mé­nale au cœur du film et quelques scènes de course-pour­suite à couper le souffle, en grand styliste, c’est surtout les temps morts qui l’in­té­ressent.

Chris Hemsworth, à l’oreille et sous le T-shirt.

Only God forgives

Aidé par la géniale musique souter­raine d’Atti­cus Ross, il traite les diffé­rents lieux avec la même distan­cia­tion, plon­geant ses acteurs, qu’il utilise comme de simples silhouettes, dans une sorte de bulle mondia­li­sée où la mani­pu­la­tion infor­ma­tique et le monde virtuel n’en­gendrent qu’un senti­ment de claus­tro­pho­bie, même à l’ex­té­rieur. En mobi­lité perma­nente, la caméra filme les lieux comme autant de rami­fi­ca­tions issues des réseaux infor­ma­tiques, déta­chant les couleurs primaires des signaux lumi­neux ou la lumière aveu­glante des coups de feu comme une résur­gence d’écrans démul­ti­pliés. Sous ses airs modestes de film de commande, ce Hacker déçoit en bien comme disent les Suisses. Un thril­ler digi­ta­lisé dans la droite ligne du Mission impos­sible de Brian DePalma L.H.

Michael Mann sur le tour­nage de Hacker.

Hacker de Michael Mann (Black Hat, 2015, EU, 2h13) avec Chris Hemsworth, Leehom Wang, Wei Tang, Viola Davis… Actuel­le­ment sur Netflix.

La bande annonce à la sortie du film en 2015.

Un maxi­mum de nomi­na­tions aux Césars pour Louis Garrel

Tournés dans la région et co-produits par Auvergne Rhône-Alpes cinéma, La Nuit du 12 de Dominik Moll et L'Innocent de Louis Garrel se taille la part du lion pour les nominations aux prochains César. Tant mieux, on les adore ! Ce sont deux films tournés dans la région et deux f...

Moins de séances au cinéma : fini le matin ?

Elles coûtent moins cher... mais elles sont en voie de disparition ! Les séances du matin ont peu à peu déserté les salles de cinéma depuis l'après Covid. Pathé avait le premier lancé le mouvement dans tous ses cinémas lyonnais, commençant ses séances désormais en début d'après-m...

Rétro Paso­lini à l’Ins­ti­tut Lumière : le sexe et la mort

A côté de Mamma Roma, son chef d’œuvre, la rétro Pasolini à l’Institut Lumière permet de revoir les trois volets du projet le plus fou de Pasolini : la Trilogie de la Vie. Une utopie sexuelle débridée, plus sombre qu’il n’y paraît, qui reste une intrusion sans équivalent de la po...