Sortir à Lyon
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Audiard, Ozon et Moretti en avant-premières à Lyon

La Croi­sette, c’est très surfait ! Si vous aussi vous ne pouvez pas aller à Cannes, pas de panique, le plus grand festi­val de cinéma du monde vient à vous, tout le week-end du 16 juillet au Pathé Belle­cour, avec quinze films de la sélec­tion offi­cielle en compé­ti­tion s’il vous plaît proje­tés sur trois jours. Comme toujours en cette période Covid pendant la quelle la France a été un des rares pays à pouvoir tour­ner, le cinéma hexa­go­nal se taille la part du lion, avec les films les plus atten­dus de l’au­tomne. Tout s’est bien passé, le nouveau François Ozon, aborde la fin de vie et la ques­tion de l’eu­tha­na­sie en adap­tant le récit d’Em­ma­nuelle Benheim (Sophie Marceau, dans le film), avec un André Dussol­lier méta­mor­phosé à la suite d’un AVC, deman­dant à sa fille de l’ai­der à mourir, sans rien taire des rela­tions icono­clastes de sa famille. A l’af­fiche aussi du polar Boîte noire de Yann Goslan dans un tout autre genre début septembre, Dussol­lier sera à n’en pas douter l’ac­teur de la rentrée.

Cathe­rine Deneuve dans De Son vivant d’Em­ma­nuelle Bercot.

Deneuve chez Emma­nuelle Bercot

Joyeu­se­tés du festi­val cannois, c’est aussi à la fin de vie que s’at­taque De Son vivant d’Em­ma­nuelle Bercot, dans lequel une mère incar­née par Cathe­rine Deneuve tente d’ac­com­pa­gner son fils atteint d’une mala­die incu­rable (Benoît Magi­mel). L’af­fiche est super­be… Arnaud Desple­chin lui s’at­tèle au sujet favori du cinéma français avec Trom­pe­rie, celui d’un homme partagé entre deux femmes, avec toujours un casting de choix : Denis Poda­ly­dès, Léa Seydoux et Emma­nuelle Devos. Enfin La Frac­ture de Cathe­rine Corsini, tourné entre Givors et Lyon, se veut un préci­pité des problèmes sociaux actuels : un couple de lesbienne (Marina Foïs et Vale­ria Bruni-Tedes­chi) se retrouve à l’hô­pi­tal auprès d’un soignant en colère (Pio Marmaï) après une mani­fes­ta­tion des Gilets jaunes… Pio Marmai était déjà suffi­sam­ment en colère à la confé­rence de presse à Cannes pour déclen­cher les foudres de la Macro­nie, on verra ce qu’il en reste dans le film dont la sortie n’est pas encore datée…

Comé­die musi­cale à la française

Un peu de légè­reté avec les frères Larrieu pour leur Tralala avec leur acteur fétiche Mathieu Amal­ric et une comé­die musi­cale pas comme les autres : Jeanne Cherhal, Philippe Kate­rine, Etienne Daho ou Bertrand Belin ont composé chacun la musique d’un person­nage et non pas la BO tout entière avec au casting autour d’Amal­ric composé s’ils vous plaît de Maïwenn, Josiane Balasko ou Méla­nie Thierry. Jacques Audiard lui aussi prend la poudre d’es­cam­pette avec Les Olym­piades, portrait en noir et blanc de trois filles et un garçon dans le quar­tier de Paris 13e, co-scéna­risé par Céline Sciamma sur une musique de Rone (lire notre entre­tien)…

Marghe­rita Buy dans le nouveau Nanni Moretti, Tre Piani.

Aller voir ailleurs

Pour vous détendre, rassu­rez-vous, il y aura aussi quelques cinéastes étran­gers dans cette sélec­tion cannoise et pas des moindres : Nanni Moretti retrouve la sublime Marghe­rita Buy de Mia Madre dans Tre Piani, sa première adap­ta­tion d’un roman, celui d’Esh­kol Nevo, autour de la coha­bi­ta­tion des habi­tants d’un immeuble romain… Après A propos d’Elly ou Every­body Knows, le plus popu­laire des cinéastes iraniens Ashghar Fahradi revient avec un nouveau polar autour d’une sortie de prison, Un héros, qui s’an­nonce autant comme un film de genre que comme un film d’au­teur… Enfin le Danois Joachim Trier (Oslo, 31 août) signe avec Julie en 12 chapitres le portrait d’une jeune tren­te­naire radieuse en pleine histoire d’amour. Voilà qui sent bon l’été… et peut-être un prix : c’est le samedi 17 juillet que le jury de Spike Lee rendra son palma­rès, et sans doute quelques-uns des films que vous pour­rez voir à Lyon seront-ils primés…

Bande annonce italienne de Tre Piani de Nanni Moretti.

Le festi­val de Cannes au Pathé Belle­cour, Lyon 2e. 15 films de la sélec­tion offi­cielle les ven 16, sam 17 et dim 18 juillet. Avec aussi Mes frères et moi de Yohan Manca et Le Genou d’Ahed de Nadav Lapid. Toute la program­ma­tion

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