Sortir à Lyon
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Annette,comé­die musi­cale pour faire chan­ter #MeToo

Le premier problème d’Annette, c’est… Annette (le rôle, qu’on vous lais­sera décou­vrir). Le deuxième, c’est la musique des Sparks, à l’ori­gine du film, ce qui est quand même ballot pour une comé­die musi­cale. L’am­bi­tion était sans doute trop grande pour eux : après une belle ouver­ture et une superbe scène d’amour en chanté, les fran­gins tartinent chaque dialogue inuti­le­ment comme dans un mauvais Jacques Demy, avant de termi­ner la dernière heure en logor­rhées de voix de crécelle (on vous laisse, toujours, décou­vrir pourquoi…).

Dur, dur, la vie d’ar­tiste

Tout, dans Annette, aurait pu être inté­res­sant : d’abord l’ins­pi­ra­tion nocturne et visuelle autour du mythe Los Angeles, ensuite le milieu artis­tique entre une humo­riste et une diva d’opéra, qui nous vaut quelques séquences gran­dioses d’Adam Driver en stand upper (par ailleurs produc­teur du film)… Malheu­reu­se­ment, et Marion Cotillard n’y est pour rien, le milieu lyrique est beau­coup plus déco­ra­tif, surtout lorsque débarque un mini chef d’or­chestre qui va aussi mal finir qu’il a commen­cé…

Adam Driver et Marion Cotillard en pleine tempête.

#MeToo et Bertrand Cantat

Carax ne manque pas de fulgu­rances ni d’auto-réfé­rences : on peut tout à fait imagi­ner ce long purga­toire d’un artiste alcoo­lique battant sa femme à mort comme un écho à l’his­toire de Bertrand Cantat, qu’on voyait juste­ment réap­pa­raître dans son film précé­dent, le très beau Holy Motors. Malheu­reu­se­ment, après avoir lancé lui-même son film derrière sa console, Leos Carax en rajoute et veut tout embras­ser : l’his­toire d’amour de la bluette glamour aux rêves post-mortem, le mouve­ment #MeToo (toujours en chanté), l’ex­ploi­ta­tion média­tique et le film de procès, jusqu’à une tempête, ridi­cule, qui scelle en son sein le bascu­le­ment défi­ni­tif du film vers le WTF. A vouloir tout embras­ser puis tout abîmer ensemble, Carax ne filme ni n’ap­pro­fon­dit plus rien, à part un exer­cice de style, certes parfois flam­boyant. C’est d’au­tant plus dommage qu’il avait un couple en or, à commen­cer par un Adam Driver mons­trueux, dans tous les sens du terme.

Annette de Leos Carax (Fr, 2h20) avec Adam Driver, Marion Cotillard, Simon Helberg… Sortie le 7 juillet.

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