Sortir à Lyon
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L’usine écar­late, le thril­ler écolo

Rouge Film 2020

C’est un pur thril­ler écolo comme on n’en a pas vu en France depuis les bons films de Robert Enrico (comme Zone rouge, avec Sabine Azéma, tourné d’ailleurs à Lyon). À travers la rela­tion entre un père et sa fille (Sami Bouajila et Zita Hanrot, aussi radieuse que convain­cante, décou­verte dans Fatima de Philippe Faucon), Farid Bentoumi orchestre un face-à-face entre deux grands sujets de société : la culture ouvrière plus âgée prête à faire des compro­mis pour sauver des emplois, et l’exi­gence sani­taire et écolo­gique d’une jeune géné­ra­tion qui ne veut plus accep­ter la moindre compro­mis­sion au nom de la santé collec­tive. Les conflits à l’in­té­rieur de l’usine sont parfai­te­ment crédibles et docu­men­tés (avec un Olivier Gour­met impec­cable en mana­ger cynique), et le bras de fer fonc­tionne de bout en bout, porté par un sens du spec­tacle pour filmer les forêts et lacs des envi­rons de Grenoble.

Le film finit un peu trop par se limi­ter à l’im­pact socié­tal de son sujet (il fera à coup sûr de beaux débats), mais le grand spec­tacle instruc­tif est trop rare dans le cinéma français pour s’en priver. Et il prouve une nouvelle fois que Sami Bouajila n’avait pas volé son César du meilleur acteur.


Rouge, de Farid Bentoumi (Fr, 1h26) avec Zita Hanrot, Sami Bouajila, Céline Sallette, Olivier Gour­met…
Sortie le 11 août.

Un dessin animé à donner le vertige

On a rarement été autant emballé par un film d'animation, pour adulte qui plus est. Adapté par Patrick Imbert du manga de Jirô Taniguchi, qui est lui-même une adaptation d’un feuilleton à succès paru dans la presse japonaise dans les années 90, Le Sommet des dieux est une réussit...

« Tout s’est bien passé » pour André Dussol­lier

François Ozon adapte le récit autobiographique d’Emmanuèle Berheim en conservant tous les noms (on reconnaît Serge Toubiana de la Cinémathèque). C’est Sophie Marceau, grave et radieuse à la fois, qui endosse le rôle de cette sœur d’une grande famille parisienne, chargée d’organis...

Dune, splen­deur visuelle et glou­bi­boulga

En général, il faut se méfier quand un film se termine au bout de 2h30 par ces mots : “ce n’est qu’un début”. D’abord, parce que ça veut souvent dire qu’il n’a que trop durer, ensuite parce que dans le cas présent on a bien compris que du sable, on allait encore en manger (ce n’e...

Laurent Lafitte, l’ori­gine de l’im­monde

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