Sortir à Lyon
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Marseille connec­tion : passe ta Bac d’abord !

C’est l’évé­ne­ment de la rentrée à faire trem­bler le grand écran : un film d’ac­tion hyper-réaliste, en immer­sion dans la brigade anti-crimi­nelle de Marseille, comme on en voit peu dans le cinéma français. Ecrit en totale empa­thie à partir du témoi­gnage de flics de terrain mis en cause pour trafic de drogue en 2012, le réali­sa­teur de La French (déjà avec Gilles Lellouche) dénonce cette fois l’aban­don des flics de terrain par leur hiérar­chie face aux fauves des cités, portrait en forme de démons­tra­tion de force d’un métier devenu inte­nable.

François Civil et Karim Leklou sous le soleil de Marseille.

Mobi­lis in mobile

Pas le moindre temps mort, le film se déroule comme un train fou dans le Marseille des quar­tiers pauvres, dans une série de scènes plus spec­ta­cu­laires et plus impres­sion­nantes les unes que les autres, entre prise d’as­saut, face à faces et inter­pel­la­tions avor­tées pour cause d’im­puis­sance. S’il filme le métier quoti­dien de la Crim’ dans une recons­ti­tu­tion épous­tou­flante – un peu comme un fils surex­cité du L627 de Bertrand Taver­nier qui abou­tis­sait déjà au même constat il y a 30 ans – Cédric Jime­nez cherche aussi à plaire autant qu’à montrer, usant de tous les clichés du genre, des flics cow-boys aux caille­ras de la drogue en passant par les habi­tants de banlieue exclu­si­ve­ment filmés comme des fauves en cage, le tout façon clip sur la Cane­bière. De quoi atti­rer Netflix qui en a acheté les droits inter­na­tio­naux. ça ne manque pas d’être virtuose, mais voilà qui limite autant le propos que l’in­té­rêt des person­nages.

François Civil et Gilles Lellouche.

Pamphlet simpliste

De la quin­zaine de flics impliqués dans le véri­table scan­dale des “ripoux” en 2012, Jime­nez ne retient que trois arché­types : le vieux de la vieille soli­taire revenu de tout (Gilles Lellouche, toujours aussi impres­sion­nant), le BG avec le chignon à Payet (François Civil, subrep­ti­ce­ment nu sous la douche pour ces dames) et le brave bougre qui tente de main­te­nir une vie de famille dans ce merdier (Karim Leklou)… Fauves des quar­tiers de la drogue contre flics à cran, impuis­sants et déshu­ma­ni­sés, les scènes se succèdent à un rythme effréné mais finissent par se ressem­bler. Lancé comme un train fou dans un manque total de distance, le film finit par faire du surplace. Même le bascu­le­ment par la case prison ne semble pas éveiller la moindre réflexion socié­tale un tant soit peu collec­tive. La dénon­cia­tion de l’hy­po­cri­sie de la hiérar­chie et de la récu­pé­ra­tion poli­tique (avec le vrai Manuel Valls en archive) appa­raît plus prompte que celle des exac­tions des poli­ciers… Aussi impres­sion­nant soit-il, ce film d’ac­tion reste sans doute, autant qu’on puisse en juger par rapport à une affaire judi­ciaire encore en cours, un pamphlet un peu trop rapide pour être honnête sur le fond.


Bac Nord de Cédric Jime­nez (Fr, 1h44) avec Gilles Lellouche, François Civil, Karim Leklou, Adèle Exachor­pou­los… Sortie le 18 août.

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