Sortir à Lyon
Partager cet article :

La Terre des hommes, et le corps des femmes

la terre des hommes

DRAME AGRICOLE

Depuis Petit Paysan puis Au nom de la terre ou La Nuée, les diffi­cul­tés du monde agri­cole ont fait leur entrée dans un cinéma français autre­fois cantonné aux drames urbains. Pour son deuxième film, Naël Maran­din l’aborde cette fois à travers un drame de mœurs parti­cu­liè­re­ment bien amené : celui d’une jeune femme tentant de reprendre l’ex­ploi­ta­tion fami­liale avec son fiancé en se confron­tant au vieux monde des hommes : marchés aux bestiaux, enchères, pour s’agran­dir elle obtient le soutien d’un repré­sen­tant syndi­cal parti­cu­liè­re­ment charis­ma­tique (Jalil Lespert, formi­dable d’am­bi­guïté magné­tique), jusqu’à « céder »à une liai­son trouble dans laquelle le rapport de domi­na­tion sociale n’est jamais tota­le­ment étran­ger. Comme Slalom de Char­lène Favier, La Terre des hommes pose la ques­tion du « rapport sexuel non désiré » selon les mots de son réali­sa­teur, dans cette zone trouble du désir réci­proque mais pas forcé­ment consenti, que Naël Maran­din a l’in­tel­li­gence de lais­ser dans toute sa complexité dans sa seconde partie. Un excellent portrait de femme se battant en terre hostile, et un film social complexe et nuancé, ce qui ne manquera pas de faire mal aux bien-pensant(e)s, mais qui donne matière à un beau film de cinéma.


La Terre des hommes, de Naël Maran­din (Fr, 1h37) avec Diane Rous­sel, Jalil Lespert, Finne­gan Oldfield, Olivier Gour­met…
Sortie le 26 août.

Un dessin animé à donner le vertige

On a rarement été autant emballé par un film d'animation, pour adulte qui plus est. Adapté par Patrick Imbert du manga de Jirô Taniguchi, qui est lui-même une adaptation d’un feuilleton à succès paru dans la presse japonaise dans les années 90, Le Sommet des dieux est une réussit...

« Tout s’est bien passé » pour André Dussol­lier

François Ozon adapte le récit autobiographique d’Emmanuèle Berheim en conservant tous les noms (on reconnaît Serge Toubiana de la Cinémathèque). C’est Sophie Marceau, grave et radieuse à la fois, qui endosse le rôle de cette sœur d’une grande famille parisienne, chargée d’organis...

Dune, splen­deur visuelle et glou­bi­boulga

En général, il faut se méfier quand un film se termine au bout de 2h30 par ces mots : “ce n’est qu’un début”. D’abord, parce que ça veut souvent dire qu’il n’a que trop durer, ensuite parce que dans le cas présent on a bien compris que du sable, on allait encore en manger (ce n’e...

Laurent Lafitte, l’ori­gine de l’im­monde

Il y sera question de sexualité… dans le noir, pendant un long dialogue introductif pour savoir qui a joui. Une fois la lumière allumée, le film va renoncer peu à peu à tout ce qui aurait pu faire son originalité : une sexualité troublée malgré 17 ans de vie conjugale, une filiat...