Sortir à Lyon
Partager cet article :

Un triomphe de Kad Mérad derrière les barreaux

C’est la bonne surprise de la semaine au rayon salles obscures : une comé­die française en forme de feel good movie, qui range les grosses ficelles pour jouer davan­tage sur le registre du drame social. Inspiré d’une histoire vraie surve­nue en Suède dans les années quatre-vingt et tourné en partie à Lyon – notam­ment au théâtre de la Croix-Rousse – Un triomphe raconte l’aven­ture théâ­trale d’un comé­dien et d’une bande de déte­nus qui vont monter ensemble En atten­dant Godot… Pas vrai­ment du gâteau quand on est plus fami­lier des braquages et autres magouilles plutôt que de l’oeuvre du grand Samuel Beckett. Si ce film choral fonc­tionne, c’est surtout grâce à sa gale­rie de person­nages, forcé­ment tous cabos­sés par la vie. Etienne, l’ani­ma­teur de ces ateliers de théâtre, n’est d’ailleurs lui-même pas en reste, comé­dien raté, aigri et colé­rique, qui veut faire jouer ses petits proté­gés dans de vrais théâtres davan­tage pour redo­rer son estime de soi que par pure charité.

Kad Mérad dans Un triomphe d’Em­ma­nuel Cour­col (photos Carole Bethuel).

Franche cama­ra­de­rie

Autour de ce Kad Merad taci­turne qui retrouve peu à peu le goût du jeu, on découvre une équipe d’ex­cel­lents acteurs plus vrais que nature, en parti­cu­lier Sofian Khammes en caïd aux motifs troubles et Pierre Lottin en jeune illet­tré nerveux. Les scènes les plus réus­sies sont d’ailleurs celles tour­nées en prison, multi­pliant morceaux de bravoure et parties de franche cama­ra­de­rie avec vannes et punchlines lancées à toute allure. Le film perd malheu­reu­se­ment un peu de son souffle en seconde partie avec la tour­née de théâtre. On regrette juste que les critiques portant sur le milieu carcé­ral ne soient pas davan­tage musclées et nuan­cées. Mais reste un feel good movie parfait pour ne pas se prendre la tête à la rentrée.

Un Triomphe d’Em­ma­nuel Cour­col (Fr, 1h46) avec Kad Mérad, Sofian Khammes, Pierre Lottin, Marina Hands, Laurent Stocker… Sortie le 1er septembre. Lire aussi tous les films de la rentrée dans le nouveau numéro d’Exit.

Un dessin animé à donner le vertige

On a rarement été autant emballé par un film d'animation, pour adulte qui plus est. Adapté par Patrick Imbert du manga de Jirô Taniguchi, qui est lui-même une adaptation d’un feuilleton à succès paru dans la presse japonaise dans les années 90, Le Sommet des dieux est une réussit...

« Tout s’est bien passé » pour André Dussol­lier

François Ozon adapte le récit autobiographique d’Emmanuèle Berheim en conservant tous les noms (on reconnaît Serge Toubiana de la Cinémathèque). C’est Sophie Marceau, grave et radieuse à la fois, qui endosse le rôle de cette sœur d’une grande famille parisienne, chargée d’organis...

Dune, splen­deur visuelle et glou­bi­boulga

En général, il faut se méfier quand un film se termine au bout de 2h30 par ces mots : “ce n’est qu’un début”. D’abord, parce que ça veut souvent dire qu’il n’a que trop durer, ensuite parce que dans le cas présent on a bien compris que du sable, on allait encore en manger (ce n’e...

Laurent Lafitte, l’ori­gine de l’im­monde

Il y sera question de sexualité… dans le noir, pendant un long dialogue introductif pour savoir qui a joui. Une fois la lumière allumée, le film va renoncer peu à peu à tout ce qui aurait pu faire son originalité : une sexualité troublée malgré 17 ans de vie conjugale, une filiat...