Sortir à Lyon
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Alba­tros, un nouveau Beau­vois misé­ra­bi­liste

Petites gens, graves problè­mes… Dur, dur, d’être gendarme. Dur, dur, d’être agri­cul­teur… Alors quand un gendarme tue acci­den­tel­le­ment un agri­cul­teur en voulant le sauver du suicide (sic), tous ces gens qui n’al­laient déjà pas très bien vont encore moins bien… En immer­geant son film dans le quoti­dien d’un gendarme des côtes normandes, Xavier Beau­vois écrit en quelque sorte une suite à son plus beau film, Le Petit Lieu­te­nant, qu’on quit­tait avec le regard-caméra de Natha­lie Baye sur les galets… Depuis malheu­reu­se­ment, le ton s’est fait senten­cieux, la mise en scène se confond avec l’apa­thie des person­nages, et chaque dialogue se veut l’ex­pres­sion signi­fiante d’une cause natio­nale (écolo­gie, ordre public, misère socia­le…).

Ce cata­logue de souf­frances paraît d’au­tant plus arti­fi­ciel qu’il est pavé de bonnes inten­tions qu’on voit venir à dix miles chacune, avec des silences pesants entre chaque réplique pour être sûr de ne pas les manquer. A cette colos­sale finesse drama­tique s’ajoute un confor­misme fami­lial symbo­lisé du premier au dernier plan (jusqu’à l’af­fiche). Seuls quelques rares plans muets de voile en soli­taire dans la dernière partie finissent par faire enfin exis­ter Jéré­mie Renier et un peu de cinéma au milieu du naufrage. Navrant.


Alba­tros de Xavier Beau­vois (Fr, 1h55) avec Jéré­mie Renier, Marie-Julie Maille, Made­leine Beau­vois, Victor Belmondo (qu’on voit à peine), Iris Bry, Xavier Beau­vois… Sortie le 3 novembre.

On a vu le nouveau Almo­do­var, Madres para­le­las

Revoilà un Pedro Almodovar plutôt en bonne forme malgré une excentricité plus contenue, avec ses couleurs franches, ses destinées de femmes fortes et bien-sûr son actrice fétiche, Penélope Cruz. Après Douleur et Gloire, son dernier film en forme d'autobiographie masculine, le réa...

Le Diable… le film iranien qui défie la censure

Le réalisateur d’Un Homme intègre (2017) a tourné quatre histoires reliées par un même thème : assumer une responsabilité individuelle dans un régime totalitaire. Ou comment défier la censure en tournant en Iran à la façon d’un court- métrage, alors que la peine de mort ne cesse ...

La Fièvre de Petrov, le nouveau coup de folie de Sere­bren­ni­kov

Il nous a mis la fièvre pendant des heures, Kirill Serebrennikov avec La Fièvre de Petrov, son dernier film. Ou plus exactement, pendant les 2h30 que dure cette balade métaphysique aux côtés de Petrov, dessinateur de BD sacrément grippé, ce qui ne l'empêche pas de boire des coups...