Sortir à Lyon
Partager cet article :

El Buen Patron, satire jubi­la­toire avec un grand Javier Bardem

Javier Bardem dans El Buen Patron, le film aux 6 Goyas.
Javier Bardem montre le pas dans El Buen Patron.

Quand le cinéma espa­gnol s’em­pare des problèmes sociaux en entre­prise, c’est pour signer une comé­die plus drôle que l’in­té­gra­lité de la filmo­gra­phie de Vincent Lindon ! El Buen Patron a raflé tous les Goyas en Espagne, dont celui du meilleur acteur. Et on comprend pourquoi. « Vehicle » comme disent les Anglo-saxons pour construire entiè­re­ment un film autour d’un acteur, Javier Bardem y est magis­tral de bout en bout, parce qu’il est… fourbe !

Javier Bardem, Goya du meilleur actuer pour El Buen Patron.
Cinquième Goya du meilleur acteur pour Javier Bardem avec El Buen Patron.

Il incarne ce « bon patron » pater­na­liste qui prend ses employés pour ses « enfants » (quand ça l’ar­range) avec une vraie-fausse bien­veillance miel­leuse, retour­nant les argu­ments de leur révolte (en France on appel­le­rait ça le « mensonge macro­nien » !), leur tour­nant le dos aussi vite qu’il leur aura souri pour les amadouer. Vieilli et bedon­nant, Bardem, jubi­la­toire sans jamais forcer le trait, garde son panache au service d’un person­nage plus complexe quand dans la plupart des pensums sociaux de l’Hexa­gone.

La bonne surprise de l’été

Almudena Amor, révélation féminine face à Javier Bardem dans El Buen Patron.
Etape 1 : séduc­tion de la stagiaire (Almu­dena Amor).
Sonia Almarcha et Almudana Amor, les femmes d'El Buen Patron.
Etape 2 : la stagiaire et l’épouse (Sonia Almar­cha et Almu­dena Amor).

Mais le film ne se limite pas à son inter­prète prin­ci­pal, il sait réser­ver son lot de surprises d’une situa­tion à l’autre dans un scéna­rio habile qui n’épargne aucun des égoïsmes en place. Décliné en neuf jours à la façon d’un jour­nal, il sait faire grin­cer la comé­die en regar­dant la violence des rapports humains induite s’im­mis­cer, du prologue de la petite délinquance à l’oc­cu­pa­tion jusque-boutiste devant cette usine de « balances ». Avec pour morceau de choix le sexisme envers une stagiaire (la bien nommée Almu­dena Amor) qui a parfai­te­ment compris les règles du pater­na­lisme d’an­tan au point de les retour­ner. Mora­liste sans être mora­li­sa­teur, soigné dans sa réali­sa­tion et acide dans le regard amusé qu’il pose sur notre époque, El Buen Patron est la première bonne surprise de l’été.

El Buen Patron de Fernando Léon de Aranoa (Esp, 2h) avec Javier Bardem, Manolo Solo, Almu­dena Amor, Sonia Almar­cha, Oscar de La Fuen­te… Sortie le 22 juin.

Javier Bardem, El Buen Patron insupportable et irrésistible.
Javier Bardem vous salue bien.

Avec Violent night, le Père Noël ne fait pas de cadeau

Le Père Noël n’y croit plus trop. Il boit bière sur bière dans un bar, fustigeant les enfants sur-consuméristes (non, pas vous...) qui vont jusqu’à réclamer de l’argent liquide. Il pense même raccrocher sa hotte, quand il se retrouve confronté à une prise d’otages dans une famill...

Le Torrent, nouveau nanar d’Anne Le Ny malgré André Dusso­lier

Quitte à voir un film pépère, autant qu'André Dussollier soit dedans... C'était ce qu'on s'était dit en allant voir Le Torrent d'Anne Le Ny, sans avoir qu'il n'arriverait qu'à la moitié du film pour un second rôle parfait comme d'habitude, mais un second rôle seulement... Celui d...