Sortir à Lyon

Pierre qui mousse

Il fait partie des rares comiques qui peut nous donner des ordres. Son mal être (de génie) trans­pire telle­ment à chaque seconde que l’im­pé­ra­tif du titre de son dernier spec­tacle, « Aimez-moi  », sonnait autant comme un appel au Il a inspiré Muriel Robin qui a inspiré Florence Foresti. On lui doit à peu près tout de ce qui fait le comique popu­laire français aujourd’­hui : moins de vannes, un art sans pareil pour croquer la vie quoti­dienne et une fine dose d’ob­ser­va­tion sociale pour conver­tir les névroses de ses contem­po­rains en rires. C’est d’ailleurs bien pour ça que Pierre Palmade est aussi un auteur de pièces, et pas seule­ment de one-man-show : son écri­ture a toujours large­ment débordé de la petite confes­sion sur soi-même, contrai­re­ment à nombre de comiques d’aujourd’­hui. En prime, sa silhouette dégin­gan­dée, la détresse de l’homme et sa soli­tude en font, en vieillis­sant, un acteur encore plus émou­vant. Modeste (dans ses sujets), on ne peut plus popu­laire (dans ses approches), c’est ce qui s’ap­pelle un grand monsieur qu’on est prêt à aimer jusqu’au bout. En espé­rant qu’en plus de reprendre un flori­lège de ses sketches cultes pour fêter ses 30 ans de scène, il ait gardé un peu de ceux de son dernier spec­tacle qu’on avait beau­coup aimé. Comme celui d’un homme malade d’amour qui lais­sait des messages sur le répon­deur de chan­teurs pour leur lire leurs chan­sons. Un rendez-vous avec un auteur pareil ne se rate pas : il incarne à lui seul une certaine noblesse de la comé­die, en plus d’être un des grands acteurs comiques à voir au moins une fois dans sa vie sur scène. Bref, le rendez-vous incon­tour­nable du prin­temps. L.H.

Pierre Palmade joue ses sketches. Vendredi 20 et samedi 21 mars à la Comé­die Odéon. De 27,50 € à 33,50 €. come­dieo­deon.com

Ondine, le plus beau film de la rentrée

Tous ses films parlent d'amour, mais en parlent comme aucun autre. Dans Transit, Christian Petzold mettait en scène sans prévenir un court récit de 1940 dans le monde d'aujourd'hui, comme si tous les enjeux de la Seconde Guerre mondiale (réfugiés, persécution, Résistance) venaien...

Une vie cachée : grand film pour héros ordi­naire

Cinéma d'auteur. Après des derniers films décevants (Song to Song), Terrence Malick opère un retour aux sources de son cinéma en s’inspirant de la vie de Franz Jägerstätter, un paysan autrichien qui refusa de prêter allégeance à Hitler. Bien entendu, ici, il n’y a ni combats ni b...

Punk attack !

Ce sont les nounours punks du cinéma français, s’attachant aux laissés pour compte de la société, ceux qu’on ne montre que trop peu sur grand écran, pas assez riches ni assez pauvres pour être sexy, trop loufoques pour fédérer. Voilà maintenant 10 films que Gustave Kervern et Ben...