Sortir à Lyon
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La révé­la­tion Alexandre Léger

Dessin. Alexandre Léger a commencé en repro­dui­sant en dessins des boites de médi­ca­ments anti-migrai­neux dont on trouve quelques reliques au début de son expo­si­tion au Musée d’art moderne et contem­po­rain de Sainte-Etienne. C’est là qu’il faut donc aller pour décou­vrir l’uni­vers de ce nouvel artiste, dessi­na­teur à l’es­prit surréa­liste ne lési­nant pas sur une expres­sion graphique parti­cu­liè­re­ment colo­rée et une intru­sion textuelle de la litté­ra­ture en mots fléchés ou en poèmes, qui fait encore plus de ses dessin un monde à part entière. Foison­nant même à l’in­té­rieur de petits formats, le dialogue est perma­nent à l’in­té­rieur de chaque œuvre. Format serré, surface satu­rée voire ratu­rée sur des papiers parfois usagers, la trace de vie est palpable partout, comme des œuvres qui n’en ont jamais fini, « éphé­mères le plus long­temps possible » comme il l’écrit sur un de ses plus beaux dessins, « Tempus fugit », à rebours d’un art formaté et poli, dans tous les sens du terme. Comme une panique à rester vivant par un infini de possibles à l’in­té­rieur d’une même, démul­ti­pliant l’art du dessin en multiples réponses ou réso­nances, comme celle de la poésie. Son univers volon­tiers torturé ou cata­clys­mique est sans cesse distan­cié, conjuré par la vita­lité de son trait et de son imagi­na­tion. Même « les papillons ne sont pas suici­daires » dans ce parcours en forme de détour­ne­ment de musée d’his­toire natu­relle, dans lequel on trouve aussi les stig­mates bien réels d’in­ter­ne­ments psychia­triques ou de planches anato­miques de méde­cine, de l’hô­pi­tal Bichât à la prison de Fresnes. Mêlant jusqu’à son sang aux couleurs d’une vie qui innerve litté­ra­le­ment la toile ou le papier, sous son appa­rente modes­tie d’ap­proche, il fait du dessin une œuvre d’art totale, jusqu’à des objets minia­tures sculp­tés avec une préci­sion extrême pour termi­ner cette expo­si­tion de toute beauté. Que c’est beau d’as­sis­ter à la nais­sance d’un artiste !

L.H.

Alexandre Léger, Hélas, rien ne dure jamais. Expo­si­tion jusqu’au 17 mai 2020 dans le cadre de la réou­ver­ture du MAMC de Saint-Etienne.

Musée d’art moderne et contem­po­rain de Saint-Etienne à Saint-Priest en Jarez. Ouvert tous les jours de 10h à 18h sauf le mardi (fermé le 1er janvier et le 1er mai). De 5 à 6,50 €. mamc.saint-etienne.fr

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