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Plat de résis­tance

ARCHITECTURE
Text, direction Pascal RAMBERT artistic collaboration Pauline ROUSSILLE light Yves GODIN costumes Anais ROMAND music Alexandre MEYER choregraphy Thierry THIEU NIANG sing Francine ACOLAS furniture advice Harold MOLLET
avec 
Emmanuelle BEART
Audrey BONNET
Anne BROCHET
Marie Sophie FERDANE
Arthur NAUZYCIEL
Stanislas NORDEY
Denis PODALYDES de la Comedie-Française 
en alternance avec 
Pascal RENERIC 
Laurent POITRENAUX 
Jacques WEBER 
ARCHITECTURE
Texte, mise en scene et installation Pascal RAMBERT collaboration artistique Pauline ROUSSILLE lumiere Yves GODIN costumes Anais ROMAND musique Alexandre MEYER choregraphie Thierry THIEU NIANG chant Francine ACOLAS conseil mobilier Harold MOLLET avec 
Emmanuelle BEART
Audrey BONNET
Anne BROCHET
Marie Sophie FERDANE
Arthur NAUZYCIEL
Stanislas NORDEY
Denis PODALYDES de la Comedie-Française 
en alternance avec 
Pascal RENERIC 
Laurent POITRENAUX 
Jacques WEBER

Théâtre poli­tique. C’était le spec­tacle d’ou­ver­ture du festi­val d’Avi­gnon, avec un rôle de patriarche créé sur mesure pour Jacques Weber qui n’avait jamais joué dans le Cour d’hon­neur. On ne sait pas comment le grand plateau au mobi­lier blanc étalé sur des dizaines de mètres à Avignon atter­rira en minia­ture sur la petite scène des Céles­tins, mais cette Archi­tec­ture avec parmi les plus grands acteurs du théâtre d’aujourd’­hui, ne manque pas de panache. Pour son nouveau texte, Pascal Rambert reprend à peu près le théâtre là où Thomas Bern­hard l’avait laissé : dans le déchi­re­ment d’une famille vien­noise au début du XXe siècle autour de la guerre entre un fils homo­sexuel et son archi­tecte de patriarche. Longs mono­logues rageurs, irrup­tion de la folie, évoca­tion des arts comme la musique à travers le person­nage de compo­si­teur de Denis Poda­ly­dès, ce jeu de massacre fami­lial à longues gorgées de logor­rhées rappelle la Place des héros de Krys­tian Lupa, notam­ment lors de la grande scène de repas. Rien de nouveau sous le soleil noir des relents natio­na­listes donc, mais Laurent Poitre­naux est extra­or­di­naire en jour­na­liste de Valeurs actuelles empê­tré dans une morale inte­nable, même si les rôles fémi­nins restent un peu trop en-deçà. Car malgré quelques morceaux de bravoure, le spec­tacle verse malheu­reu­se­ment trop rapi­de­ment dans les formules poli­tiques à la petite semaine, enfonçant toutes les portes ouvertes des sujets socié­taux d’aujourd’­hui (mariage gay, natio­na­lisme, avor­te­ment, on en passe), jusqu’à l’ab­sur­dité : “oui, nous n’avons rien en commun mais nous avons tout en commun” (sic). A force de s’en­fon­cer un peu trop dans “ le royaume du langage”, Pascal Rambert finit par s’écou­ter un peu trop écrire, reven­diquant telle­ment de vouloir parler de tous les problèmes poli­tiques d’aujourd’­hui qu’il finit par n’en rien dire. Reste le plai­sir d’ac­teurs, qui n’est pas mince, la musique de Stanis­las Nordey ouvrant le spec­tacle étant la seule à surna­ger ce babillage poli­tique volu­bile et assez vain. A voir selon votre amour des acteurs, donc. L.H.

Archi­tec­ture de Pascal Rambert avec Stanis­las Nordey, Jacques Weber, Emma­nuelle Béart, Audrey Bonnet, Denis Poda­ly­dès…

Du mardi 7 au vendredi 10 janvier à 19h (ven 20h30) à Bonlieu, scène natio­nale d’An­necy. De 10 à 29 €. bonlieu-annecy.com

Du mercredi 15 au vendredi 17 janvier à 20h à la Comé­die de Cler­mont-Ferrand, maison de la culture. De 14 à 30 €. laco­me­die­de­cler­mont.com

Du mercredi 12 au mardi 18 février à 20h (dim 16h) au théâtre des Céles­tins, grande salle, Lyon 2e. De 9 à 40 €. thea­tre­des­ce­les­tins.com