Sortir à Lyon
Partager cet article :

Mathieu Amal­ric, Pinter et le trouble

C’était un des grands spec­tacles de la dernière saison de théâtre qu’il nous avait été donnée de voir aux Céles­tins. Une “simple” histoire d’adul­tère (supposé) dans le milieu de la mode au temps des années 60 en Angle­terre. Mais l’adul­tère est provoqué par une femme (Valé­rie Dash­wood) et le couple central est gay (Mathieu Amal­ric aux cheveux fouillis, le critique plus âgé, et Micha Lescot en giton dégin­gandé snob et sexy). Seule­ment voilà, on est chez Pinter, et il suffit qu’un autre grand acteur pati­bu­laire mais presque, Laurent Poitre­naux, ne vienne sonner chez Amal­ric, pour qu’un soupçon impro­bable ne vire au ballet à la sexua­lité trouble.

Les deux plateaux en un dans la mise en scène de Ludo­vic Lagarde.

Je est un autre qu’on ignore souvent chez Pinter, surtout quand on s’aime. La scéno­gra­phie clas­sieuse le dispute à l’hu­mour de classe et un des plus grands quatuors d’ac­teurs actuels fait vivre les folles ambi­guï­tés d’un maître en théâtre psycho­lo­gique. Ludo­vic Lagarde et surtout un grand monsieur de la mise en scène : non seule­ment il fait coha­bi­ter deux appar­te­ments en deux espaces poreux sur le même plateau, mais il sait faire incar­ner le désir sous le vernis de la mani­pu­la­tion, d’un geste lubrique pour dire l’aver­sion du person­nage de Micha Lescot pour l’hé­té­ro­sexua­lité ou d’un mollet d’Amal­ric encore marqué par le porte-chaus­set­te…

Mathieu Amal­ric et son giton Micha Lescot.

Chez Pinter, chaque mot trahit l’in­ten­tion plutôt qu’il ne traduit la chose. Cette Collec­tion haute-couture est d’au­tant plus savou­reuse qu’elle annonçait en 1961 le chef-d’oeuvre de mani­pu­la­tion érotique à venir de Pinter, son scéna­rio pour The Servant de Losey, avec Dirk Bogarde, cette fois au cinéma. Se faire mani­pu­ler par Mathieu Amal­ric dans le théâtre des sixties de Pinter, il y a pire comme plai­sir domes­tique obligé, en atten­dant de pouvoir le revoir sur une scène…

La Collec­tion de Harold Pinter. Mise en scène Ludo­vic Lagarde. Capta­tion au théâtre du Châte­let dispo­nible sur France.tv

Dracula, un Coppola saignant sur Netflix

C'est un des grands films de Coppola, sous-estimée à sa sortie en 1992. Une grande fresque médiévale, baroque et sanguinolente fut moyennement goûtée à sa sortie, sous prétexte d’épouser la précarité d'effets spéciaux rudimentaires en trois couleurs, comme au temps de la Hammer.....

Le grand projet disco­gra­phique de l’ONL

à peine arrivé depuis septembre à l’Auditorium, que le nouveau directeur musical Nikolaj Szeps-Znaider a déjà lancé un projet artistique d’une ampleur digne des grandes heures d’Emmanuel Krivine. Malgré l’absence de public (pas merci Roselyne), il a d'abord travaillé en orfèvre l...

Hip hop baroque

La Métropole a eu la bonne idée cet été de financer sous l'appellation « Fugacités » des spectacles de compagnies locales dans ses différentes communes. Pour entamer l'automne an beauté, le Concert Hostel Dieu retrouve Mourad Merzouki, après leur Folia en ouverture des Nuits de F...

Jazz à Vienne prépare ses 40 ans en 2021

Il y aura bien des concerts au théâtre antique cette année, et pas n'importe lesquels : Thomas Dutronc et Vincent Segall joueront sur la scène de Jazz à Vienne pour des captations exceptionnelles filmées par drone... en attendant les premiers nom de l'édition 2021 qui fêtera les ...