Sortir à Lyon
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Gamblin et le grand lapin blanc

C’est un peu Noël avant l’heure. Le TNP co-produit la dernière créa­tion du génial Laurent Pelly qui fait la Une de notre numéro d’oc­tobre, une pièce adap­tée d’un des grands succès de Broad­way connu de tous les Anglo-Saxons, Harvey, de Mary Chase. La parti­cu­la­rité de Harvey, le person­nage prin­ci­pal de cette intrigue, est d’être un lapin géant invi­si­ble… et acces­soi­re­ment le meilleur ami d’El­wood P. Dowd, un homme char­mant qui a tendance à mettre sa famille dans l’em­bar­ras en présen­tant son compa­gnon imagi­naire à toute la bonne société de la ville. Entre salon bour­geois et hôpi­tal psychia­trique, cette comé­die qui fleure bon les années 1950 évolue dans les décors de Chan­tal Thomas — la colla­bo­ra­trice de toujours de Laurent Pelly, toujours aussi inven­tive – et les costumes du metteur en scène, dont la fantai­sie n’est plus à démon­trer depuis notam­ment Le Roi carotte et les Offen­bach à l’Opéra de Lyon. Pour l’oc­ca­sion, plus sobre, ils ont créé ensemble une scéno­gra­phie légère et mobile, à la fois suran­née et dyna­mique.


Jacques Gamblin, le fou char­mant

Les person­nages de Harvey croqués dans les décors de Chan­tal Thomas.

Dépla­ce­ments choré­gra­phiés, sens parfait du timing, répliques milli­mé­trées, Pelly connaît ses clas­siques en matière de comé­die, juste assez pour avan­cer en équi­libre entre légè­reté comique et farce plus sombre, lais­sant peu à peu effleu­rer la folie de chacun de ses person­nages. Sorte d’Alice aux Pays des Merveilles pour adultes où le Chape­lier Fou aurait l’al­lure d’un psychiatre, Harvey pose la ques­tion de la folie et des contours de la norme avec sa gale­rie de person­nages dévoi­lant peu à peu leurs failles. Entre une Chris­tine Brücher parfaite en sœur aimante et hysté­rique et un Pierre Ausse­dat génial en direc­teur de clinique tyran­nique, Jacques Gamblin donne le ton, fou char­mant toujours affable et élégant, ayant préféré embras­ser la douceur de la folie plutôt que la rugueuse réalité. Calme et posé, il finit par appa­raître comme la personne le plus sensé au milieu des autres person­nages survol­tés de cette drôle de pièce aux accents mélan­co­liques. Ou comment reprendre le chemin du théâtre avec bonne humeur.

Harvey de Mary Chase. Mise en scène Laurent Pelly. Jusqu’au dimanche 10 octobre à 20h (dim 15h30) au TNP à Villeur­banne, grande salle Roger Plan­chon. De 12 à 25 €.

Lire aussi notre grand entre­tien avec Laurent Pelly dans le numéro d’Exit d’oc­tobre.

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