Sortir à Lyon
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On vous guide pour la nouvelle saison théâtre 22–23 au meilleur prix

La Cerisaie de Tchekhov vue par Tiago Rodrigues avec Isabelle Huppert.
Isabelle Huppert dans La Cerisaie de Tchekhov en ouverture de saison au TNP.

Des centaines de repré­sen­ta­tions, parfois même sur un même lieu, dans une tren­taine de théâtres, rien que pour la Métro­po­le… On ne préten­dra surtout pas être exhaus­tifs face à une telle bouli­mie, mais heureu­se­ment, il y en a pour tous les goûts.

Cathe­rine Hiegel dans Les Règles de savoir-vivre du monde moderne de Jean-Luc Lagarce, mise en scène Marcial Di Fonzo Bo.

Incon­tour­nables et têtes d’af­fiche

Tout nouveau direc­teur du festi­val d’Avi­gnon, Tiago Rodrigues est partout : en ouver­ture de la saison au TNP avec La Ceri­saie et Isabelle Huppert, comme aux Céles­tins pour deux autres spec­tacles en tant qu’au­teur : Dans la mesure de l’im­pos­sible sur l’en­ga­ge­ment huma­ni­taire, et Iphi­gé­nie, relec­ture contem­po­raine du mythe grec, mis en scène par Anne Théron. Un maître du récit poétique, sobre et subtil. Présent aussi sur la scène des deux plus grands théâtres de la Métro­pole, Thomas Jolly avec deux spec­tacles aussi diffé­rents l’un que l’autre : Arlequin poli par l’amour de Mari­vaux en mode fluo­res­cent aux Céles­tins, et Le Dragon d’Ev­gueni Schwartz au TNP, conte poli­tique tout de noir­ceur dressé contre le natio­nal-socia­lisme alle­mand.

Adama Diop et Isabelle Huppert dans La Ceri­saie vue par Tiago Rodrigues.

Côté têtes d’af­fiche, les stars de la Comé­die-Française seront là : Domi­nique Blanc pour reprendre avec Thierry Thieû-Niang La Douleur de Margue­rite Duras qu’elle avait créé avec Patrice Chéreau, et Laurent Lafitte en Don Juan de Molière pour Emma­nuel Daumas en fin de saison au théâtre de Lyon. Au rayon des clas­siques au TNP, Jacques Weber incar­nera Le Roi Lear pour Lavau­dant, et Jérôme Dechamps se mettra lui-même en scène dans L’Avare. Mais le spec­tacle qu’on attend le plus, c’est l’Othello de Jean-Pierre Siva­dier avec Nico­las Bouchaud et Adama Diop, déjà extra­or­di­naire dans La Ceri­saie de Tiago Rodrigues l’an passé à Avignon. Deux bonnes raisons donc d’al­ler le décou­vrir sur la scène du TNP. Aux Céles­tins, Cathe­rine Hiegel livrera elle ses Règles de savoir-vivre façon Jean-Luc Lagarce, et Anne Brochet et Philippe Torre­ton Tout mon amour, d’après Laurent Mauvi­gnier, une des plus belles réus­sites à la mise en scène d’Arnaud Meunier, désor­mais à la tête de la MC2 à Grenoble.

Cap sur la Russie

En atten­dant la program­ma­tion inter­na­tio­nale du festi­val Sens inter­dits à l’au­tomne, les scènes de théâtre semblent vouloir lutter contre la barba­rie de la guerre de Poutine en Ukraine en propo­sant le meilleur de la culture russe. Jean Bello­rini à Villeur­banne mettra en scène un “vaude­ville sovié­tique”, Le Suicidé de Nico­laï Erdman (1928), bijou de surréa­lisme venu de l’Est avec sa troupe habi­tuelle, et un acteur qu’on adore, François Deblock.

Denis Poda­ly­dès quant à lui mettra en scène sans jouer un texte rare, L’Orage d’Alexandre Ostrovski – auteur peu connu du XIXe siècle russe – éman­ci­pa­tion senti­men­tale d’une jeune femme portée par Cécile Brune et de beaux acteurs de théâtre comme Philippe Duclos ou Thibault Vinçon (à voir aux Céles­tins en mars 2023).

Enfin deux grands clas­siques feront l’objet d’une relec­ture musclée par des collec­tifs enga­gés de la scène contem­po­raine : La Ceri­saie de Tche­khov, encore, par les belges toni­truants de TG Stan – un para­doxe pour la dernière pièce du drama­turge russe ; et les frères Kara­ma­zov, l’im­mense roman de Dostoïevski, adapté par Sylvain Creu­ze­vault dans un spec­tacle fleuve de plus de 3h, les deux aux Céles­tins.

Auto­pha­gies d’Eva Doum­bia au théâtre du Point du jour (photo Gauz).

Avant-garde fémi­niste

Si vous aimez la jeune sève théâ­trale, rien ne vaut la scène du théâtre du Point du jour, toujours atten­tive aux formes et aux compa­gnies nouvelles. Et c’est dans plusieurs chambres d’hô­tels du 5e dont le Four­vière Hôtel qu’Angé­lique Clai­rand et Eric Massé on choisi d’ou­vrir leur saison avec le collec­tif fémi­niste Marthe de façon pas banale, pour mettre en scène travailleurs et clients dans ces lieux anonymes pour des portraits de la société d’aujourd’­hui. Avec à suivre cette fois sur la scène du Point du Jour, Auto­pha­gies d’Eva Doum­bia dans lequel vous serez conviés à parta­ger un mafé végé sur scène en musique. Une perfor­mance culi­naire pas comme les autres pour une saison du Point du jour aux deux tiers fémi­nines, aussi bien du côté des autrices que des mises en scène. Une visi­bi­lité qui ne cesse de s’ac­croître aussi sur les autres scènes avec les démarches origi­nales de Tiphaine Raffier, Chris­tian Jatahy ou Clara Hédouin, ardem­ment défen­dues par Jean Bello­rini et Florence Guinard au TNP. Sans comp­ter Isabelle Lafon pour Les Impru­dents, écri­ture de plateau radi­cale pour célé­brer les écrits de Margue­rite Duras, en écho à La Douleur portée par Domi­nique Blanc. La saison 22–23 sera fémi­nine ou ne sera pas.

La grande salle des Céles­tins. (photo Ronan Siri)

Les meilleurs tarifs et formules d’abon­ne­ment

En atten­dant l’ou­ver­ture de la billet­te­rie à l’unité en juin, vous pouvez d’ores et déjà vous abon­nez pour 4 spec­tacles ou plus au TNP (17 € la place) ou aux Céles­tins (tarifs variables selon le place­ment, à condi­tion de prendre obli­ga­toi­re­ment La Trilo­gie de la Villé­gia­ture de Goldoni mise en scène par la co-direc­trice Clau­dia Stavisky, pas forcé­ment le spec­tacle le plus attrac­tif de la saison…). En revanche, des pass trimes­triels 3 spec­tacles très attrac­tifs sont mis en place aux Céles­tins (automne, hiver, prin­temps), passant la place jusqu’à 15 € seule­ment, voire 10 € pour les étudiants, sans comp­ter le tarif dernière minute à 9 €, sachant qu’il est rare qu’un spec­tacle soit archi-complet du fait des désis­te­ments.
Les tarifs à l’unité au TNP restent uniques quelque soit le spec­tacle, entre 13 et 24 € (à partir du 6 juin), 12 € et même 7 € le samedi soir pour les étudiants.

Les tarifs du théâtre du Point du jour restent attrac­tifs toute l’an­née : de 13 à 18 € à l’unité en plein tarif, avec des parcours trois spec­tacles à partir de 30 €, cinq à partir de 40 € ou une carte 10 places pour 100 €, soit 10 € la place à parta­ger… à plusieurs ! (non nomi­na­tive et cumu­la­tive).

Les abon­ne­ments pour la saison 22–23 des Céles­tins à Lyon 2, du TNP à Villeur­banne et du Point du Jour à Lyon 5 sont ouverts. A suivre !