Sortir à Lyon
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Un MeToo théâ­tral très drôle et imper­ti­nent

Etienne Gaudillère dans Faut-il séparer l'homme de l'artiste de Giulia Foïs.
Etienne Gaudillère dans la pièce de Giulia Foïs.

Avec son « Grand Repor­terre », le Théâtre du Point du Jour conti­nue de s’at­taquer à l’ac­tua­lité brûlante avec la colla­bo­ra­tion entre un jour­na­liste et un metteur en scène. La chro­niqueuse de France Inter, Giulia Foïs (soeur de) et le metteur en scène Étienne Gaudillère s’at­taquent cette fois-ci à la ques­tion du statut de l’ar­tiste. 

« Peut-on passer une audi­tion pour Polanski lorsqu’on est fauché ? ». Cette ques­tion, certes un peu triviale, mérite pour­tant d’être posée. Dans la vague des révé­la­tions qui traversent la culture depuis le mouve­ment #MeToo, la ques­tion de la disso­cia­tion de l’ar­tiste et de l’œuvre clive le public autant que le monde des artistes. Cathe­rine Deneuve et son « droit à être impor­tu­née » contre Adèle Haenel avec son « On se lève et on se casse », le match est lancé. 

Polanski, Bour­vil, Arletty et Rimbaud sont dans une pièce de théâtre

Pas beau­coup de suspense, le metteur en scène Étienne Gaudillère a bien choisi son camp pour savoir si l’on peut disso­cier l’homme de l’ar­tiste : c’est non ! Il le fait cepen­dant avec nuance. On suit le chemi­ne­ment intel­lec­tuel et les doutes l’ayant amené à prendre posi­tion et souvent c’est très drôle. Comme cette ques­tion subsi­diaire tour­née à l’ab­surde: comment tran­cher entre des artistes plus ou moins mons­trueux ?

PPDA & Co… (photos Maris Char­bon­nier)

Un spec­tacle un peu trop épar­pillé

Avec le casier judi­ciaire, propose un comé­dien. Mais quid si un artiste a déjà purgé sa peine répond l’au­tre… Dans ce cas : « peut-on mettre dans la même corbeille Arletty qui couchait avec des nazis et Verlaine qui a tiré sur Rimbaud ?  ». Et si le roman natio­nal devait être irré­pro­chable, alors « il ne restera plus que Bour­vil et Martine. Bour­vil à la plage ». 

Précis sur les faits et péda­go­giques grâce à l’ex­per­tise de Guilia Fois, la démons­tra­tion impla­cable s’offre aussi quelques belles scènes émou­vantes tirées de la vie du metteur en scène. Ces scènes sont malheu­reu­se­ment noyées sous l’ava­lanche des scan­dales révé­lés ces dernières années… Aucun ne nous sera épar­gné. A force de vouloir parler de tout sans vrai­ment s’at­tar­der, le spec­tacle s’épar­pille quelque peu. 
« Faut-il sépa­rer l’homme de l’ar­tiste  », mise en scène d’Étienne Gaudillère. Jusqu’au vendredi 20 janvier au Lycée Branly, Lyon 5e, à 20h (sauf jeudi 14h). 1h15.

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