Sa dernière tour­née améri­caine, passée notam­ment par les Nuits de Four­vière en 2018, avait été un grand moment d’émo­tion. Débou­lant avec ses musi­ciens de toujours comme Basile Leroux à la guitare, son blou­son de Davy Crockett à franges hors d’âge, se remaquillant en direct sur scène ou cher­chant la bonne tona­lité sur son piano, Véro­nique Sanson ne cache rien, géné­reuse, entière, aussi bonne musi­cienne que chan­teuse à la voix unique.

Véro­nique Sanson, Porte de Paris. (@Tan­giMo­te­reau)

Sanson, couleur améri­caine

Son set avec cuivres et une guitare qui fait deux fois son tour de taille révé­lait une série de chefs-d’œuvre signés par celle qui a réussi à impor­ter les couleurs de la coun­try ou le chro­ma­tisme outre-Atlan­tique, en conti­nuant de chan­ter l’amour intime et sensuel à la française. Elle faisait se lever le public dès la deuxième chan­son et main­tient une santé de fer tout du long. Sa voix est deve­nue plus grave et s’est légè­re­ment voilée avec le temps, ce qui n’a pu que s’ag­gra­ver depuis son opéra­tion et ses ennuis de santé.

Véronique Sason sur scène large sourire derrière son piano et son micro.
Véro­nique Sanson derrière son piano sur scène. (photo Robert Ferron)

Les chan­sons d’amour

Mais la Sanson reste un mythe, une bête de scène unique dans le paysage de la chan­son française. Comme toutes les grandes chan­teuses qui savent jouer avec leurs limites en vieillis­sant, son chant ne devrait en être que plus émou­vant. D’au­tant qu’en plus des morceaux rock de ses débuts, elle n’ou­blie pas de chan­ter des ballades dépres­sives dont elle a le secret, de Ma Révé­rence à Je me suis telle­ment manquée.

On réalise alors que d’Amou­reuse à Toi et moi — merveilleuse chan­son roman­tique compo­sée pour son Zénith en 1993, qu’elle avait chan­tée la dernière fois à Four­vière — elle a égrené nombre de mélo­dies qui font désor­mais partie de notre imagi­naire collec­tif. Comme Barbara, elle chante ses peines à nu et l’amour avec une sensua­lité et une simpli­cité qui nous feraient jurer d’avoir partagé le même. Il faut avoir vu une fois Véro­nique Sanson en concert dans sa vie pour se rendre compte de la grande dame qu’elle est, et n’avoir qu’une seule envie : y reve­nir. C’est ce qu’on fera le 14 juin prochain.

Véro­nique Sanson (première partie Parranda La Cruz). Vendredi 14 juin à 21h30 au théâtre antique des Nuits de Four­vière, Lyon 5e.

Mercredi 26 juin à 21h30 au Prin­temps de Pérouges (Ain).