Sainte dans l’incendie samedi 20 janvier

Théâtre & danse

   Publié par Fabienne Gaudin le 2 janvier 2018
Terminé
Trop tard !

Jeanne figure de feu
Un monologue, une actrice, un destin vertigineux.

Laurent Fréchuret aime les acteurs. On se souvient de la générosité avec laquelle il avait mis en scène En attendant Godot1. Et c’est comme cela qu’il a confié à la comédienne belge, Laurence Vielle, un poème qu’il avait écrit autour de la figure rayonnante de Jeanne d’Arc et qu’il avait presque oublié. Une rencontre qui a donné lieu à un spectacle intense et remarquable, qui fait porter à l’actrice un destin irréel et vertigineux. Celui de la petite paysanne de Domremy, brûlée par la vie, celle qui a une tâche de naissance qui indique qu’elle vieillira mal et un «mur mitoyen avec Dieu».

Le texte, très contemporain, tire du théâtre sa force et son originalité: «Jeanne en comédienne traversée par des voix, en confidente visitant l’humanité, en chef de troupe théâtrale», dit-il. Laurence Vielle, silhouette longiligne et bonnes joues rondes, déboule sur scène les pieds dans des galoches d’homme. Elle plante ses yeux dans les nôtres: «Je suis une cocotte-minute.

Je ne connais pas l’ennui». Voilà Jeanne, au-delà de l’évocation d’un personnage souvent mythifié. Voilà Jeanne qui retrouve sa chair, sa vivacité, sa drôlerie, sa naïveté, sa fougue et surtout la vie. Car dans ce monologue inspiré, «c’est la présence vibrante de l’acteur, ce vivant sur scène relié aux vivants dans la salle» qui fait le mystère.

Laurent Fréchuret / Laurence Vielle