Ultra Girl fétiche et fantasque

Comédie musicale, Spectacles & concerts

   Publié par Luc Hernandez le 14 février 2017
On a vu
on a aimé

C’est toujours sur la « petite » scène de l’Elysée qu’on peut voir ce que le théâtre produit de plus contemporain et de plus original. Soit la première pièce de Cédric Rouillat, photographe et designer, délicieusement intitulée « Ultra Girl contre Schopenhauer ». Une journée dans la vie d’Edwige, traductrice d’anglais à domicile dans le Lyon des années 80, la voit passer de la réalité à la fiction en se prenant pour une « Ultra Girl », icône de tous ses fantasmes. Dans un décor vintage almodovaresque à faire pâlir de jalousie Macha Makaïeff, Sarah Daugreilh et Laure Giappiconi forment des sœurs jumelles sur des chorégraphies en miroir parfaitement réglées. L’une incarne l’héroïne fétichisée de l’autre en wonder woman gants rouges montant jusqu’au coude, culotte moulante étoilée et cuissardes rouge plastique à faire crisser de désir l’assemblée masculine, la plus belle chute de reins de la ville risque bien d’affoler l’assistance. Cédric Rouillat convoque aussi bien le playback des sitcoms que la comédie musicale en passant par un hommage « au plus grand auteur juif et homosexuel », alias Marcel Proust. S’en suit un cocktail pop fétiche et fantasque, hautement fantasmatique, dans des situations de vaudeville joliment détournées. Schopenhauer fera son apparition dans une parenthèse enchantée d’Ella Fitzgerald pour théoriser l’extase de ce drôle de duo féminin, matérialisé par un strip tease final en dessous chics au son de la mort d’Isolde. Si Ultra Girl est réussi, c’est parce qu’au-delà de ses références, cette comédie en chansons et costumes super sexy se transforme aussi peu à peu en vertige esthétique sur la sublimation du désir. C’est extra.

L.H.

 

Ultra Girl contre Schopenhauer de Cédric Trouillat. Jusqu’au samedi 18 février au théâtre de l’Elysée, Lyon 7e. De 10 à 12 €. www.lelysee.com