Sortir à Lyon
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L’Opéra de Lyon fait entrer la jeunesse pour sa saison 22–23

Daniele Rustioni devient directeur musical de l'Opéra de Lyon.
Daniele Rustioni, nommé directeur musical de l'Opéra de Lyon.

Heureux les Lyon­nais qui accueillent Richard Brunel à la tête de l’Opéra de Lyon depuis septembre dernier. Pour sa première saison de program­ma­tion à part entière (ouver­ture des résas le 12 mai), il annonce pour le lyrique 11 opéras, avant tout axé sur la créa­tion et la jeunesse, deux marques de fabrique de la maison lyon­nais au milieu d’un paysage souvent conser­va­teur ailleurs en France, quand il n’est pas mori­bond…

Richard Brunel, direc­teur de l’Opéra de Lyon. (photo Jean-Louis Fernan­dez)

Nouvelles oeuvres, femmes et maîtrise

Une première à Lyon : Candide de Bern­stein, le compo­si­teur de West Side Story, pour les fêtes de fin d’an­née, avec un metteur en scène venu de Broad­way aux manettes, Daniel Fish. Première en France aussi pour La Maison du crime de Haas, opéra contem­po­rain inspiré par Monte­verdi, pour « décloi­son­ner les époques et les esthé­tiques » selon le nouveau direc­teur. L’Arche de Noé de Brit­ten fera chan­ter la maîtrise de l’Opéra et ravira les enfants et leurs familles, tandis que Katia Kaba­nova de Jana­cek sera donnée dans une nouvelle produc­tion 100% fémi­nine, jusqu’à la cheffe, Elena Swharz. Femme aussi en la personne de l’ac­trice et canta­trice Judith Chemla (qui avait déjà chanté une superbe Traviata au théâtre), qui vien­dra incar­ner Méli­sande dans une adap­ta­tion de l’opéra de Debussy recen­trée sur son person­nage fémi­nin, pour quatre instru­men­tistes et quatre solistes seule­ment.

Daniele Rustioni super­star

Mais en plus du tradi­tion­nel festi­val de mars sur le thème de « fran­chir les portes » – qui repren­dra les produc­tions prévues avant la pandé­mie des Noces de Figaro par Olivier Assayas et du Château de Barbe-Bleue par Andriy Zhol­dak – c’est la nomi­na­tion de Daniele Rustioni en direc­teur musi­cal et non plus seule­ment chef perma­nent qui va impul­ser une nouvelle dyna­mique à cette maison qui n’en manquait déjà pas. Si Kazu­shi Ono se consa­crait beau­coup au XXe siècle, le mila­nais veut avant tout se consa­crer à l’ex­plo­ra­tion du réper­toire du XIXe siècle. Italien bien sûr (il avait débuté à l’Opéra de Lyon en diri­geant Simon Bocca­ne­gra de Verdi en 2014), mais aussi français et roman­tique, en ouvrant en prime chaque saison par une oeuvre germa­nique.

Le Requiem de Verdi pour les 40 ans de l’or­ches­tre… et du chef !

Ce sera Tannhäu­ser la saison prochaine – le plus acces­sible et le plus italia­ni­sant des opéras de Wagner – avec un autre tren­te­naire à la mise en scène, David Hermann, dans une mise en scène inspiré par l’uni­vers SF de Philip K. Dick qui nous promet un bain de jouvence. Eton­nam­ment, l’opéra de Wagner n’avait plus été joué à Lyon depuis 50 ans… Daniele Rustioni clôtu­rera cette nouvelle saison 22–23 avec ce qu’il appelle son « climax« , le Requiem de Verdi au Grand théâtre de Four­vière, pour célé­brer ses 40 ans et… ceux de l’or­chestre de l’Opéra, séparé de celui de l’Au­di­to­rium en 1983. Sa nomi­na­tion comme direc­teur musi­cal se traduit d’abord par la prolon­ga­tion de la colla­bo­ra­tion initiée avec le festi­val d’Aix pour cinq titres tenus encore secrets… Mais on connaît déjà Moïse et Pharaon, ouvrage rare et seria de Rossini, dont la prière finale fit le succès et accom­pagne même le compo­si­teur dans la tombe lors de ses obsèques. Tobias Krat­zer, qui avait déjà signé la belle produc­tion de Guillaume Tell à Lyon en 2019, sera chargé de le mettre en scène. Enfin Daniel Rustioni compte aussi accroître le rythme des concerts en marge des produc­tions lyriques, avec notam­ment en ouver­ture de saison consa­cré les quatre dernier lieder de Strauss, puis un concert de chambre Beetho­ven-Wagner dans lequel le maes­tro se mettra lui-même au piano, dans la salle magique du Grand Studio du Ballet sous le ciel de Lyon. En prime, Daniele Rustioni diri­gera la produc­tion de Falstaff signée Robert Carsen au Met Opera à New York la saison prochaine (visible en retrans­mis­sion live dans les ciné­mas Pathé). C’est dire la chance que nous avons de l’avoir à Lyon.

Les 11 opéras de la saison lyon­naise 2022–23 :

  • Tannhäu­ser de Richard Wagner. Mes David Hermann, dir mus Daniele Rustioni. Du 11 au 30 octobre.
  • Héro­diade de Masse­net. Version de concert. Daniel Rustioni. 23 novembre à l’Au­di­to­rium, Lyon 3e.
  • Candide de Leonard Bern­stein. Mes Daniel Fish. Dir mus Wayne Marshall. Du 16 décembre au 1er janvier.
  • Moïse et Pharaon de Rossini. Mes Tobias Krta­zer? Dir mus Daniele Rustioni. Du 20 janvier au 1er février 2023.
  • L’Arche de Noé de Benja­min Brit­ten (opéra en famille). Mes Silvia Costa. Dir mus Daniele Rustioni. Du 25 janvier au 4 février 2023 au théâtre de la Croix-Rousse, Lyon 4e.
  • Méli­sande, d’après Pelléas et Méli­sande de Maeter­linck et Debussy. Mes Richard Brunel. Dir mus Florent Hubert (orchestre réduit), avec Judith Chemla. Du 28 février au 5 mars 2023 au théâtre de la Renais­sance à Oullins.
  • Les Noces de Figaro de Mozart (festi­val « Fran­chir les portes »). Mes Olivier Assayas. Dir mus Peter Rundel. Du 17 mars au 4 avril 2023.
  • Le Château de Barbe-Bleue de Bartok (festi­val « Fran­chir les portes »). Mes Andriy Zhol­dak. Dir mus Titus Engel. Du 18 mars au 2 avril 2023.
  • La Maison du crime (festi­val « Fran­chir les portes ») de Georg Frie­drich Hass et Clau­dio Monte­verdi. Mes Claus Guth. Dir mus Peter Rundel. Du 19 au 26 mars 2023 au TNP à Villeur­banne.
  • Katia Kaba­nova de Jana­cek. Mes Barbara Wyso­cka. Dir mus Elena Swharz. Du 2 au 13 mai 2023.
  • On purge bébé ! de Philippe Boes­mans d’après Georges Feydeau. Du 5 au 17 juin 2023.

Réser­va­tions pour le saison 22–23 de l’Opéra de Lyon à partir du 12 mai.