En ce début d’an­née, la jeune femme origi­naire de l’état de Penn­syl­va­nie aux États-Unis a de quoi se réjouir. Elle rentre dans l’his­toire de la pres­ti­gieuse céré­mo­nie musi­cale des Gram­mys Awards en décro­chant pour la quatrième fois le prix de l’al­bum de l’an­née. Battant ainsi le précé­dent record jusqu’a­lors détenu par le groo­ver Frank Sina­tra.

Taylor Swift, le sacre de l’au­then­ti­cité


Le passage de sa tour­née “The Eras Tour” en Asie et Austra­lie attire les foules allant jusqu’à atteindre 96 000 spec­ta­teurs pour un seul show à Melbourne et son dernier album en date The Tortu­red Poets Depart­ment réalise le meilleur démar­rage de l’an­née aux États-Unis avec plus de deux millions de ventes réali­sées en une semaine (précom­mandes incluses). Des chiffres qui donnent le vertige et qui s’ex­pliquent d’abord par le soutien incon­di­tion­nel de sa commu­nauté qu’elle surnomme “Swif­ties”.

Entre Taylor et les Swif­ties c’est l’amour fou

Si ses fans répondent présent à chacun de ses projets, c’est parce qu’elle a su nouer avec eux une rela­tion privi­lé­giée presque intime. Elle leur envoie des messages sur les réseaux sociaux, les plus dévoués se retrouvent invi­tés à ses événe­ments privés et elle leur rend même des visites surprise. Les textes de ses chan­sons sont aussi très trans­pa­rents.

Taylor partage tout avec son public. De ses joies à ses peines en passant par ses souve­nirs d’en­fance. Ce qui donne l’im­pres­sion de vrai­ment la connaître. Elle écrit et compose d’ailleurs ses chan­sons elle-même… Dans son dernier album, elle évoque notam­ment sa rupture avec Joe Alwyn, acteur britan­nique qui parta­geait sa vie depuis six ans. La star devient alors une amie, une grande sœur, et même une confi­dente.

Une direc­tion artis­tique surpre­nante et maîtri­sée

Depuis ses débuts en 2006, Taylor Swift s’est essayée à presque tous les genres : coun­try, pop, rock, folk, élec­tro, et même à quelques sono­ri­tés trap sur l’al­bum Repu­ta­tion. Et si se tenait là le secret de sa longé­vité ? (18 ans de carrière et 11 albums studio). Chaque nouvel album est radi­ca­le­ment diffé­rent du précé­dent. Swift change d’uni­vers, de ton, mais garde sa plume singu­lière qui lui donne une vraie signa­ture artis­tique. Son story­tel­ling est en effet immer­sif et créa­tif, elle use des méta­phores litté­raires et frôle à plusieurs reprises la poésie notam­ment sur folk­lore et ever­more. On passe ainsi d’une ambiance douce et adoles­cente dans la chaleur d’une Amérique coun­try sur Fear­less aux sirènes d’une méga­pole bouillon­nante sur 1989, son album le plus pop.

Clip vidéo offi­ciel de Fear­less (Taylor’s version)

Pour fidé­li­ser davan­tage sa commu­nauté, elle a su mettre en place des stra­té­gies marke­ting effi­caces : sortie de maga­zines complé­men­taires à son album pour Repu­ta­tion, sets de photos pola­roïds dans les éditions deluxe de son album 1989, ou encore plusieurs décli­nai­sons de vinyles à l’oc­ca­sion de la sortie de Midnights.

Des objets en série limi­tés qui deviennent rapi­de­ment collec­tor et que les fans s’ar­rachent. Son style évolue aussi au fil de ses disques. Tenues à paillettes colo­rées à ses débuts puis un coup body noir et ensembles sombres, un coup robes flashy de couleurs chaudes, et même pull en laine, panta­lon chino et cardi­gans larges pendant sa période folk. L’ar­tiste incarne véri­ta­ble­ment ce qu’elle chante. Elle parvient sans cesse à se réin­ven­ter sans jamais désta­bi­li­ser son public de base.

Une rela­tion loin d’être évidente avec la France

Alors qu’elle devient rapi­de­ment un visage incon­tour­nable de la musique coun­try puis pop aux États-Unis, la jeune femme à du mal à s’im­po­ser dans l’hexa­gone. Il est vrai qu’au départ elle n’a rien pour plaire aux audi­teurs français. Elle vient de la coun­try, un style musi­cal encore margi­nal pour la France au début des années 2000. Les radios boudent ses titres et préfèrent diffu­ser ses consœurs pop Katy Perry ou Rihanna.

L’image d’ado­les­cente amou­reuse et parfaite qu’elle renvoie dans ses clips vidéo n’in­té­resse pas non plus les médias qui préfèrent couvrir l’ac­tua­lité d’ar­tistes plus extra­va­gants et provo­ca­teurs à l’image de Lady Gaga qui réalise alors de grosses ventes en France. En 2011, “Tay-Tay” comme elle est surnom­mée par ses fans, tente tout de même un concert au Zénith de Paris qu’elle ne parvien­dra pas à remplir.

Virage pop avec Shake it off

Il faudra attendre son virage pop, un an plus tard, pour qu’elle commence à impo­ser des titres en France à l’image de We Are Never Ever Getting Back Toge­ther puis plus tard de Shake it Off. Pas suffi­sant cepen­dant pour atti­rer les foules, et alors que la chan­teuse remplie des stades pour ses tour­nées 1989 World Tour et Repu­ta­tion Stadium Tour au Canada, au Japon ou en Angle­terre elle zappe volon­tai­re­ment la France ou l’en­goue­ment ne prend toujours pas.

Clip vidéo offi­ciel de Shake it off (Taylor’s version)


Son équipe se donne alors pour objec­tif de conqué­rir le cœur des Français avec son album Lover en 2019. Elle donne un concert en exclu­si­vité mondiale à l’Olym­pia pour lancer la promo­tion du disque, elle multi­plie les entre­tiens avec la presse et enre­gistre même une perfor­mance télé­vi­sée pour The Voice. La stra­té­gie fonc­tionne, et elle parvient à remplir une date aux arènes de Nîmes… qui sera toute­fois annu­lée quelques mois plus tard en raison de la pandé­mie.

Taylor Swift sur la scène de l’Olym­pia en 2019

Entre-temps, le réseau social Tik Tok fait son appa­ri­tion et s’im­pose d’abord chez les jeunes. La plate­forme de vidéos fait décou­vrir ou redé­cou­vrir les hits de la chan­teuse. Plusieurs deviennent viraux et remontent dans les charts. Fina­le­ment, la consé­cra­tion arrive l’an­née dernière avec le début de sa tour­née actuelle The Eras Tour aux États-Unis.

Le show coloré, rythmé qui célèbre l’en­semble de sa carrière enva­hit les réseaux sociaux et par effet boule de neige, attire de plus en plus de curieux qui vont faire plan­ter à plusieurs reprises les serveurs de la plate­forme de vente de billets ticket­mas­ter. Y compris chez nous pour son grand retour après 13 ans d’ab­sence. La tour­née est un véri­table succès et les six dates françaises affichent complet. 

Tay Tay à Lyon

Et si je vous disais que rien n’était acci­den­tel” chante Taylor sur le titre Master­mind, où elle se dépeint en une stra­tège de l’amour qui fait croire que sa rencontre amou­reuse est due au hasard quand elle a en réalité tout minu­tieu­se­ment calculé. Le fruit de son immense succès est dû à un ensemble de graines qu’elle sème avec parci­mo­nie depuis 2006.

Un travail mené sans relâche qui a fait d’elle l’une des person­na­li­tés les plus influentes au monde. Son impact sur la société est tel qu’elle pour­rait même jouer un rôle dans les élec­tions prési­den­tielles Améri­caines à venir. En atten­dant, vous pour­rez l’ap­plau­dir prochai­ne­ment dans la capi­tale des Gaules pour la première fois. En espé­rant que Tay Tay, qui a dirigé plusieurs de ses clips vidéo, tombe amou­reuse de la ville cinéma.

Taylor Swift. Dimanche 2 et lundi 3 juin à 18h30 au Grou­­pama Stadium à Décines. De 86 à 247 € (annoncé complet)

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