Sortir à Lyon
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Le tour de France de la « femelle »

Céline Frances, notre humo­riste lyon­naise préfé­rée, a décidé de partir sur les routes pour faire un tour de France des cafés-théâtres, plutôt que de rester chez elle à ne pas jouer. L’oc­ca­sion de faire des rencon­tres… inat­ten­dues.

Entre deux repré­sen­ta­tions de son one woman show « Ah ! Qu’il est doux d’être une femelle », Céline Frances a toujours adoré « s’écla­ter », en débor­dant d’ini­tia­tives. Que ce soit en jouant dans une troupe de théâtre, ses premières amours, ou en faisant une série de portraits éche­ve­lés dans laquelle elle « s’écla­tait  » litté­ra­le­ment sur les murs… « Spor­tive qui met toute son éner­gie à faire autre chose que du stand up », il n’était pas ques­tion pour elle de dépri­mer en atten­dant la réou­ver­ture de salles de spec­tacles qui ne vient toujours pas… « Avec les reports, ils sont tous bookés jusqu’en 2023 ! » s’amuse-t-elle avec son humour à brûle pour­point. Alors puisqu’elle a joué dans la plupart des cafés-théâtres de France et de Navarre, elle s’est mis en tête d’en­ta­mer un tour de France des cafés-théâtres pour « main­te­nir le lien » et « conti­nuer de voir des gens ».

Elle s’en va

Il ne s’agis­sait pas pour elle de cher­cher une program­ma­tion, mais de prendre le pouls et de retrou­ver des gens qu’elle aime. Elle les a appe­lés un peu avant, la plupart étant ravis de la rece­voir, elle embarque dans sa voiture avec « fifille » son chien qui la suit partout. 3H de route par jour en moyenne, elle est passée par Versailles, Rennes ou Narbonne où cette Cata­lane a pu retrou­ver ses parents, le temps d’une soirée. « Le passage au couvre-feu à 18h a demandé quelques ajus­te­ments tech­niques, il ne fallait pas que je me prenne 135 € d’amende, je n’ai déjà plus une thune !  ». Elle inter­viewe les gens dans la rue, visite ce qu’elle n’a jamais le temps de voir quand elle joue, comme la cathé­drale d’Albi, et prend le pouls d’un milieu cultu­rel qui se sent « démuni  » et « blasé » – les deux mots qui reviennent le plus souvent – même s’il est toujours prêt à reprendre. Seul un tenan­cier Breton n’a pas eu le cœur de la rece­voir, trop déprimé par la ferme­ture de sa salle, ce qu’elle comprend parfai­te­ment. Si elle fait la sieste et mange son sand­wich en voiture tous les jours la plupart du temps, l’avan­tage d’avoir déjà joué dans les lieux où elle se rend, c’est qu’ils peuvent la loger dans leur café-théâtre ou dans les appar­te­ments dans lesquels ils reçoivent les artistes habi­tuel­le­ment. « J’ai vrai­ment eu un accueil merveilleux, et ça permet­tait de boire des coups en vivant enfin des moments intenses et drôles ». Elle a même eu des anciens spec­ta­teurs de ses spec­tacles qui ont proposé de l’hé­ber­ger en voyant sur les réseaux sociaux qu’elle débarquait dans leur contrée.

Une histoire vraie

Elle a commencé de poster des petites vidéos sur son Face­book et devrait réali­ser un montage final avec une boîte inté­res­sée par cette drôle d’ini­tia­tive, Séquence TV. Curieuse et intré­pide, elle a surtout fait des rencontres impro­bables et hautes en couleur. A Saint-Malo, elle comp­tait bien faire du bateau. Charmé par la voix de son inter­lo­cu­teur au télé­phone, elle s’em­barque sur un rafiot avec un « homme à la petite quaran­taine frin­gante », jusqu’à ce qu’il enlève son masque sur le bateau et qu’elle s’aperçoive que c’est un ancien toxico qui a perdu ses dents, « qui ne peut même plus manger des arti­chauts ». Un bon marin néan­moins sympa­thique, qui lui inspi­rera peut-être un prochain person­nage de son spec­tacle, quand elle pourra enfin reprendre son métier. Au moins, elle n’aura pas perdu son temps… L.H.

Décou­vrez l’épo­pée de Céline Frances sur son Face­book

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