Timber Timbre

Velvet Gloves & Split, le somptueux titre d’ouverture de leur nouvel album Sincerely, Future Pollution, nous accueille en terrain connu, celui du rock suave et moite de Hot Dreams. Mais le funky Grifting, qui lui succède, ne laisse aucun doute quant à la nouvelle direction prise par Taylor Kirk et sa bande pour ce cinquième opus : pleins feux sur les eighties. Synthétiseur compressé, basse lourde et rythmique martiale… le groupe ne nous avait pas habitués à de tels habits de lumière (noire – faut pas déconner non plus) mais ils leur siéent à ravir. Et quand vient le pont, dont la douceur tranche avec le reste du morceau, on décolle carrément. Les fans de Talk Talk s’y retrouveront. Les fans de Timber Timbre aussi, rassurez-vous. Parce que la véritable réussite de ce nouveau disque réside là, dans cette rencontre, de plein fouet, entre le synthétique et l’organique, dont sort un son à la fois nouveau pour le groupe et logique pour celui qui l’écoute. On est souvent surpris, jamais désarçonné. Même pas lorsque l’une des pièces maîtresses, Moment, se termine dans un clash d’anthologie entre une guitare de synthèse façon Ashes to Ashes et des arpèges de claviers à la Daft Punk.

Le liant dans tout ça, c’est le blues. De sa voix caverneuse, Taylor Kirk a le don de tout transformer en blues. Il y a ceux qui ne se cachent pas, qui le portent sur leur gueule, comme Sewer Blues, pile au centre du disque. Puis il y a ces blues de contrebande. Comme la fameuse ouverture, ou la quasi instrumentale chanson-titre, dont on imagine déjà les versions live étirées jusqu’à la transe. Même le couplet de la ballade finale, Floating Cathedral, a des airs de blues, avant de se changer, au refrain, en petite chansonnette d’amour – à tomber, bien entendu. Ces blues-là colportent des idées plus noires que le noir, corrompues par la pollution ambiante et le marasme humain qui sert de décor à ce disque. C’est bien leur disque le plus sombre à ce jour. Le plus puissant, aussi. On en ressort étourdi.

 

L'événement à ne pas manquer

Vous pouvez encore y aller