Sortir à Lyon
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Moïse vu par Rossini, le grand opéra bel canto de la rentrée

Le partage des eaux façon Cecil B. De Mille dans Moïse et Pharaon de Rossini.
Le partage des eaux façon Hollywood dans Moïse et Pharaon.

Daniele Rustioni dirige une nouvelle produc­tion poli­tique et mali­cieuse de Moïse et Pharaon, un opéra rare­ment monté de Rossini. Du grand opéra en forme de super-produc­tion, mis en scène avec faste et malice par Tobias Krat­zer à l’Opéra de Lyon.

Vous aussi vous aimez l’opéra parce que c’est un grand spec­tacle total ? Vous allez être servi. Après un Tannhäu­ser gran­diose en version SF pour ouvrir la saison, voici le grand opéra à la française méconnu de Rossini avec grands airs, choeurs et même ballet, le tout croqué par un metteur en scène aussi intel­li­gent que mali­cieux. A ma gauche donc, des migrants à la recherche de la Terre promise embarqués par le Moïse de Cecil B. DeMille en cape rouge et bâton de pèle­rin. A ma droite, les bureaux et écrans asep­ti­sés d’un modèle occi­den­tal arro­gant et indif­fé­rent. Rassu­rez-vous, Tobias Krat­zer, à qui l’on devait déjà un très beau Guillaume Tell toujours de Rossini à Lyon en 2019, préfère l’hu­mour à la morale poli­tique et parvient surtout à tenir sur le plateau la confron­ta­tion de ces deux mondes obli­gés de coha­bi­ter sans jamais se rencon­trer, avec beau­coup de pers­pi­ca­cité visuelle.

Le plateau coupé en deux de Moïse et Pharaon de Rossini vu par Tobias Kratzer.
Moïse au milieu des migrants face au monde bureau­cra­tique ultra-friqué dans le Moïse et Pharaon de Rossini vu par Tobias Krat­zer.

Daniele Rustioni, le chef de l’an­née

La parti­tion est superbe, les chan­teurs aussi (encore mieux qu’au festi­val d’Aix l’été dernier avec quelques chan­ge­ments), et surtout vous pour­rez voir le tout nouveau direc­teur musi­cal Daniele Rustioni auréolé de son Award 2022 du meilleur chef de l’an­née diri­ger toute la musique italienne qu’il aime. (sans sa récom­pense, on l’au­rait aimé quand même). Le tableau des consu­mé­ristes s’ali­gnant sur la plage en ne regar­dant que le soleil face à des migrants en prière est un modèle d’in­tel­li­gence sati­rique, digne d’une photo de Martin Parr. De la grande musique entraî­nante, un bon chef et un metteur en scène mali­cieux, c’est le moment de retour­ner à l’opéra !


Moïse et Pharaon de Rossini. Direc­tion musi­cale Daniele Rustioni. Mise en scène Tobias Krat­zer. Du vendredi 20 janvier au mercredi 1er février à 20h (dim 16h) à l’Opéra de Lyon, Lyon 1er. De 10 à 110 €.

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