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La pure splen­deur du nouveau Park Chan-Wook, Deci­sion to leave

Critique en avant-première de Decision to leave, le nouveau film de Park Chan-Wook.

Notre critique enamou­rée de Deci­sion to leave, le nouveau film du réali­sa­teur acclamé de Old Boy. Un polar roman­tique inat­tendu et somp­tueux, prix de la mise en scène à Cannes cette année.

Ne cher­chez pas le réali­sa­teur d’Old Boy – défonçant les dents au marteau et déchique­tant les poulpes – dans le dernier Park Chan-wook. Deci­sion to leave est un film d’es­thète de pur ciné­phile, utili­sant la 5e de Mahler de la plus belle des manières depuis Mort à Venise, c’est dire… Un film où il ne se passe (presque) rien et dans lequel on ne comprend pas tout (mais suffi­sam­ment), l’an­ti­thèse abso­lue du cinéma d’ac­tion et de vengeance auquel le cinéaste coréen nous avait habi­tués jusqu’ici.

Decision to leave de Park Chan-Wook, prix de la mise en scène à Cannes.
Deci­sion to leave, le nouveau film très attendu de Park Chan-wook, après son Grand Prix à Cannes en 2004 pour Old Boy.

Prix de la mise en scène archi-mérité

La diffé­rence spec­ta­cu­laire de son dernier film par rapport aux autres montre à quel point Park Chan-Wook est un maître… à condi­tion d’en accep­ter le prix. Deci­sion to leave est un peu à sa filmo­gra­phie ce que Vertigo est à celle de Hitch­cock : un film abstrait détour­nant le genre du film noir vers une narra­tion pure­ment visuelle et un roman­tisme opaque. Jusqu’à une scène finale sublime où vient s’ins­crire le titre du film sur la mer qui efface les dernières traces d’une intrigue qui n’était que prétexte. Celle d’un détec­tive qui fantasme sur la veuve d’un homme mort dans des condi­tions suspectes au sommet d’une montagne.

Park Hea-il, l'acteur de Decision to leave, déjà vu dans les films de Bong-Joon Ho.
Park Hea-il, déjà vu chez Bong Joon-Ho, en pleine quête dans Deci­sion to leave.

Baiser non élucidé

Autour d’un baiser volé au beau milieu du film, Park Chan-Wook tisse sa toile atmo­sphé­rique comme un peintre. Chaque plan est une véri­table leçon de mise en espace dans ce film d’or­fèvre d’une splen­deur visuelle à couper le souffle qui n’a pas volé son prix de mise en scène à Cannes. A condi­tion d’ac­cep­ter l’au­gure des dédales infi­nis de ce que peut le cinéma. Certai­ne­ment un de ses plus beaux films et assu­ré­ment le moins acces­sible. Vous voilà préve­nus.


Deci­sion to leave de Park Chan-Wook (Cor, 2h18) avec Tang Wei, Park Hae-il, Go Kyung-pyo… Sortie le 29 juin.

L’af­fiche coréenne du film.

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