Sortir à Lyon
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Pourquoi Peter Von Kant, le nouveau Ozon, nous déçoit… en bien !

Denis Ménochet dans Peter Von Kant de François Ozon.
Denis Ménochet, Khalil Bern Gharbia et Stefan Crepon dans Peter Von Kant.

Après Gouttes d’eau sur pierre brûlantes, François Ozon adapte à nouveau Reiner Werner Fass­bin­der avec Peter Von Kant. Mais cette fois, le coeur n’y est plus, même si le cinéma reste…

On aimait beau­coup Gouttes d’eau sur pierres brûlantes, un des meilleurs films de François Ozon, déjà adapté de Fass­bin­der. Il en reprend ici certains éléments (chan­son, danse théâ­tra­lité. Malheu­reu­se­ment la fameuse liberté des années 70 ne débouche ici que sur un exer­cice de style assez vain, ni assez confes­sion­nel pour habi­ter l’au­to­por­trait en cinéaste, ni assez débridé pour faire ressen­tir la moindre passion. Comme il nous l’a confié dans l’en­tre­tien qu’il nous a accordé, Ozon est sans doute trop “léger” pour les rela­tions tortu­rées de Fass­bin­der. Croi­ser le théâtre de boule­vard de 8 femmes avec Les Larmes amères de Petra Von Kant qui reste sans doute le mélo le plus déses­péré de son auteur, relève d’une opéra­tion impos­sible.

Denis Méno­chet, Isabelle Adjani, Hannh Schy­gulla, la belle affi­che…

Denis Ménochet et Hkalil Ben Gharbia dans Peter Von Kant de François Ozon.
Khalil Ben Ghar­bia et Denis Méno­chet (photos Carole Bethuel).

C’est malheu­reu­se­ment Denis Méno­chet en clone du cinéaste qui en fait les frais, forcé­ment mal à l’aise entre l’hys­té­rie et la paro­die. Ozon n’a pas du tout la même façon d’ai­mer que Fass­bin­der, heureu­se­ment pour lui. C’est avant tout l’amour qui ne fonc­tionne pas ici, des clichés du giton des années 70 à des querelles de couple répé­ti­tives, plus mornes et désin­car­nées que dans un soap opéra.  La mise en scène a beau être plus soignée que dans la plupart des derniers films du cinéaste (sans doute grâce au temps du confi­ne­ment), rien ne se passe vrai­ment dans ce film auto-produit que le cinéaste semble avoir fait avant tout pour lui-même. En seconds rôles, Isabelle Adjani et Hannah Schy­gulla ne font d’ailleurs que passer…. Seul un acteur émerge : Stéphane Crepon en domes­tique mutique, témoin muet qui nous rappelle Victor, un des premiers courts-métrages d’Ozon. Malheu­reu­se­ment, comme nous, il restera exté­rieur au film…

Isabelle Adjani en second rôle de Denis Ménochet dans Peter Von Kant de François Ozon.
Denis Méno­chet et Isabelle Adjani dans Peter Von Kant (photos Carole Bethuel).

Une fois mais pas deux


Pièce de jeunesse, en plus de Bernard Girau­deau, Gouttes d’eau sur pierres brûlantes béné­fi­ciait d’une situa­tion cocasse et de jeux d’ap­proche sensuels avant que la perver­sion ne se mette en place. Ici, le dolo­risme préfa­briqué des Larmes amères n’a plus grand-chose en commun avec la comé­die acide chère à Ozon. La rencontre n’aura donc pas lieu une deuxième fois,  même si elle reste un signe de bonne santé pour son ciné­ma… A suivre !

Peter Von Kant de François Ozon (Fr-All, 1h26) avec Denis Méno­chet, Khalil Ben Ghar­bia, Isabelle Adjani, Stefan Crepon, Hannah Schy­gul­la… Sortie le 6 juillet.

Denis Ménochet joue Fassbinder pour François Ozon.
Denis Méno­chet en clone de Fass­bin­der pour François Ozon (avec Stéphane Crepon).

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