Sortir à Lyon
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Ozon, ce senti­ment de l’été

Le problème avec les histoires d’amour, c’est quand on n’y croit pas. C’est ce qui arrive avec ce drôle de film de François Ozon, au demeu­rant très beau, planant comme un conte d’été, ou comme un film de Xavier Dolan réalisé sur le tard… En partie auto­bio­gra­phique (lire notre entre­tien avec François Ozon) il est surtout adapté du roman d’Aidan Cham­bers, Dance on my grave (1982), resté fidèle à ses dédales de narra­tion : plutôt que de se concen­trer sur l’idéa­li­sa­tion d’un amour adoles­cent, le film multi­plie les fausses pistes et les auto-cita­tions. On y retrouve (litté­ra­le­ment) La Robe d’été, la même que celle de son premier court-métrage, la mort, le père absent et le fantôme de Sous le sable, le traves­tis­se­ment d’Une nouvelle vie (frisant ici le grotesque dans une scène inutile)… Et surtout les tics des ciné­mas de la « jeunesse », de Dolan à Gaël Morel. Le film commence comme un polar en flash­back dans un tribu­nal après une « mort  » drama­tique, se pour­suit en conte d’été d’un ado chavi­rant sous l’orage avant que le prince char­mant ne vienne le sauver, pour finir en comé­die roman­tique après avoir essuyé le passage lacry­mal du mélo. ça fait beau­coup.

Para­dis perdu.

Melvil Poupaud, mécon­nais­sable, avec Félix Lefèbvre dans Eté 85.

A cheval entre réel et irréel, Eté 85 finit par y perdre en inten­sité plus qu’il n’y gagne en mystère, jamais crédible, parfois super­fi­ciel. Et s’il béné­fi­cie de la belle présence de Félix Lefèbvre – comme de Melvil Poupaud et Vale­ria Bruni-Tedes­chi en seconds rôles – il souffre du jeu assez cliché de Benja­min Voisin, même s’il se regarde sans déplai­sir comme une carte postale aux beaux paysages. Un véri­table Jour­nal intime aurait été sans doute plus touchant que cette fraî­cheur feinte minée par le surmoi de son auteur. C’est d’au­tant plus dommage que lorsqu’il s’aban­donne au fantasme lors de la très belle séquence en boîte de nuit, le film retrouve enfin la magie du cinéma. Un petit opus donc, pour aficio­na­dos d’Ozon exclu­si­ve­ment. L.H.

Eté 85 de François Ozon (Fr, 1h40) avec Félix Lefèbvre, Benja­min Voisin, Melvil Poupaud, Vale­ria Bruni-Tedes­chi, Isabelle Nanty… Désor­mais dispo­nible sur la plupart des plate­formes VOD.

Titane, Palme d’or, le soufre et la souf­france

Commençons aussi dru que ce film choc en a sous le capot dès la scène d’ouverture : Titane est souvent très con, d’un cynisme et d'une complaisance pour la souffrance souvent insupportables, surtout dans sa première partie. C’est l’anti-Crash de David Cronenberg, à l'érotisme dou...

Jodie Foster défend Tahar Rahim dans Guan­ta­namo

Voilà un objet cinématographique taillé pour répondre aux canons du film judiciaire: une histoire vraie (celle d'un Mauritanien injustement détenu au camp de Guantánamo pendant 14 ans), une grosse machine à dénoncer (l’administration Bush et un système judiciaire qui bat de l’ail...

Bene­detta, nanar sympa­thique de chair et de sang

Verhoeven avait toujours voulu faire un film sur Jésus. Il aura fait un film sur une soeur habitée par Jésus. Chasse aux démons, amour charnel, jouissance et expiation, stigmates et délires christiques... ce film sur l’histoire vraie d’une sainte lesbienne du XVIIe siècle se tran...

Annette,comé­die musi­cale pour faire chan­ter #MeToo

Le premier problème d’Annette, c’est... Annette (le rôle, qu’on vous laissera découvrir). Le deuxième, c’est la musique des Sparks, à l'origine du film, ce qui est quand même ballot pour une comédie musicale. L'ambition était sans doute trop grande pour eux : après une belle ouve...